Sauzé-Vaussais
et son canton
 
Le canton de Sauzé-Vaussais en Deux-Sèvres dans l’arrondissement de Niort, à 53 km de la préfecture, groupe 12 communes dont Sauzé-Vaussais sera le chef-lieu de canton de 1790 à 2015. Ces 12 communes sont : Les Alleuds, Caunay, La Chapelle-Pouilloux, Clussais-la-Pommeraie, Limalonges, Lorigné, Mairé-Levescault, Melleran, Montalembert, Pers (et sa lanterne des morts), Pliboux et Sauzé-Vaussais.

Sauzé-Vaussais fait partie du Pays Mellois (syndicat mixte) et de la CDC Coeur du Poitou  : http://www.paysmellois.org/les-communautes-de-communes/communaute-de-communes-du-coeur-du-poitou/sauze-vaussais


Statistiques du canton de Sauzé-Vaussais en 1801 par le Baron Dupin, préfet des deux-Sèvres
http://pioussay.wifeo.com/documents/canton-de-sauze-vaussais-1801.pdf
 
Histoire des routes postales (de Paris en Espagne) et de la route royale 10 (RN10), des lignes de chemin de fer... Pour en finir avec les erreurs perpétuelles sur le sujet répétées à chaque nouvel ouvrage édité...
http://gastronomeruffec.wifeo.com/plan-routes-trains.php
 

Notes historiques par le Dr Boudard Paulin
Médecin, Maire de Sauzé Vaussais du 12 mars 1893 au 15 août 1902


En 1918 le docteur Boudard a publié des notes historiques passionnantes sur la commune : Sauzé-Vaussais, notes historiques.

Petite biographie Paulin Boudard
Docteur médecin à Sauzé-Vaussais depuis 1863 ; Boudard prit pour sujet de sa thèse de doctorat : le Spasme de la glotte...
M. Paulin Boudard, né à Gournay (Deux-Sèvres), le 2 juin 1838, docteur-médecin, ancien maire ds Sauzé-Vaussais, est décédé dans cette localité le 7 mars.
Un article nécrologique par M. Montazeau a été inséré dans Le Mellois, n° du 18 mars.
SHS des Deux-Sèvres, 1923. Communications. - M. Cathelineau donne lecture d'une notice biographique sur M. le docteur Paulin Boudard, dont il retrace la brillante carrière.
Né à Gournay (Deux-Sèvres), le 2 juin 1838, le docteur Paulin Boudard avait fait ses études médicales à Poitiers et à Paris ; interne des hôpitaux de Poitiers en 1859, médaillé en 1858, 1859 et 1860, il fut reçu docteur à la Faculté de Paris en 1863.
Aussitôt après, il vint s'installer à Sauzé-Vaussais, où sa longue et belle vie s'écoula tout entière et où il exerça pendant 50 ans, avec autant de dévouement que de compétence, sa profession de médecin. Il fut conseiller municipal de 1865 à 1878 et de 1892 à 1902, et maire de 1893 à 1902.
À 75 ans, après un demi siècle de labeur, notre collègue prend sa retraite. Les études historiques l'attirent. En 1917, il avait sollicité l'entrée dans notre Société. L'éloignement ne lui permettait pas d'assister à nos réunions, mais il en suivait avec un intérêt passionné les travaux publiés dans nos « Mémoires » et dans le « Bulletin ». En 1918, il publia dans ce dernier une étude sur Sauzé-Vaussais. Il préparait une étude sur la fiscalité d'avant la Révolution, comparative à la fiscalité actuelle, malheureusement ce travail est resté inachevé, le docteur Boudard ayant été enlevé à l'affection des siens et à l'estime publique le 7 mars 1923.


En 1991 Henri Minaut fait cet aperçu de Sauzé-Vaussais : http://pioussay.wifeo.com/documents/sauze-vaussais-carrefour-mimault-1991.pdf

Autre article de la première importance : Les époux Normand résistants à Pliboux, témoignage : http://pioussay.wifeo.com/documents/resistance-1940-44-sauze-vaussais-pliboux.pdf

Voir plus bas dans cette page...


Carte et détails sur le site officiel de la communes : http://www.mairie-sauze-vaussais.fr
 
STOP STOP STOP STOP
Lire cet article sur le blog Art et Histoire de Pascal Baudouin.
Il concerne Montjean et Londigny et un auteur local - Léon Deschamps né à Sauzé-Vaussais - et son roman publié en 1888 : Le Village, Moeurs paysannes : http://artethistoire.blogs.charentelibre.fr/histoire-montjean-et-londigny-le-roman-oublie-le-village-moe.html



Miracle !

Limage : ce village, jusqu’à la Révolution, s’est nommé l’Image Sainte Soulle parce que sans doute on trouvait, à son carrefour, une image ou une statuette de la sainte devant laquelle le passant ôtait sa coiffure respectueusement, et qui à certaines époques était éclairée la nuit par un flambeau. Cet usage s’est encore conservé dans les contrées où la tradition chrétienne est toujours vivace. (
Paulin Boudard)
 
Autres pages intéressant Sauzé-Vaussais
Routes et chemins de fer : http://pioussay.wifeo.com/plan-routes-trains-gares.php
 

Routes et poste aux chevaux, avant et après 1760 : http://gastronomeruffec.wifeo.com/plan-routes-trains.php

La Péruse de Vaussais à Ruffec : http://villefagnan.wifeo.com/riviere-la-peruse.php

Lait, beurre, fromage : http://gastronomeruffec.wifeo.com/plan-lait-beurre-fromage-poitou-charentes.php

Le motocross à Sauzé-Vaussais, une belle histoire (recherche témoignages et photos, PB tél. 05 45 84 11 73 ou PBaudouin@wanadoo.fr) : http://pioussay.wifeo.com/motocross.php

La commune rapidement
Sa population, stable depuis deux siècles, est de 1 670 Sauzéens, sa surface de 1 908 ha dont 291 de bois.



Le bourg conserve un beffroi-tour de l’horloge de 1840 (lire aussi dans Le Picton de 2008), un beau pigeonnier carré transféré et reconstitué en 2000 ; l'église de Vaussais, au sud de Sauzé, est classée Monument Historique depuis 1907.
 

Le beffroi-tour de l'horloge place du marché.




Le pigeonnier carré transféré et reconstitué en 2000.
 
En 1860
Un arrêté, du 16 mars 1860, par lequel la préfecture de la Vienne, a accordé au sieur Richard, messager de Poitiers à Sauzé-Vaussais, une indemnité de 255 fr. tant, pour la perle d'une mule qui s'est tuée en tornbant dans des excavations pratiquées lors de l'exécution des travaux de rectification de la route impériale n° 10, dans la traverse de Vivonne, que pour les autres dommages qu'il a éprouvés par suite de cet accident... (Affaire soumise au conseil d'Etat)

Statistiques Deux-Sèvres 1803
Règne minéral, mines
Le fer est abondamment répandu dans différentes parties du département. Il y en a plusieurs mines en pleine exploitation : telles sont celles de l'arrondissement de Parthenay, dont le minerai est réduit en gueuse et en fer dans les forges de la Peyrate et celles de Mairé, Sauzé-Vaussais et Montalembert, qui alimentent les forges de Ruffec, département de la Charente.

Gendarmerie 1901
Mouvement dans la gendarmerie.
Par décision ministérielle du 4 octobre 1901, la brigade de gendarmerie à cheval de Sauzé-Vaussais (Deux-Sèvres) est transférée à Lezay (même département) et la brigade de gendarmerie à pied de Lezay est transférée à Sauzé-Vaussais.

Un collège public, un village de vacances, des services aux ménages et à l’agriculture, une fabrique de panneaux de bois (Thébault, 75 sal.) et scierie Provost (40 sal.), installations électriques Fournié (75 sal.), travaux publics Guillon (25 sal.), autocars Baudin (30 sal.); quincaillerie Terrassier (Weldom, 30 sal.), négoce agricole Neolis (30 sal.), garages et matériel agricole; supermarché U (50 sal.).
Le collège Anne Franck.
 
Les écoles de Sauzé-Vaussais, histoire...
Le bourg de Sauzé eut des instituteurs, sans aucune interruption, depuis 1789. Le premier qui est, signalé, à la date du 31 décembre de cette année mémorable, sur le registre de la répartition de la taille, est un nommé Pierre Proust, qui était à la fois cultivateur, maître d'école, sacristain et fossoyeur. Il enseigna jusqu'en 1825, ne faisant qu'une classe par jour et laissant partir ses élèves quand ils avaient lu.
Les jeunes gens des divers hameaux se livraient, parait-il, dé bruyantes batailles, qui faisaient que le voisinage de l'école était redouté et que les propriétaires du local donnaient congé tous les ans ou tous les deux ans. Les élèves étaient insubordonnés, l'esprit des parents peu favorable à l'instruction. Les résultats furent médiocres jusqu'en 1876.
En 1880, le Conseil municipal décida la construction d'une école de garçons, d'une école de filles au bourg et d'une école mixte à Vaussais, et considérant que les progrès des élèves laissent à désirer quand l'instituteur est marié à l'institutrice, décide, pour que ce fait ait le moins de chance possible de se réaliser, que les deux écoles seront très éloignées l'une de l'autre. Les écoles ont été construites par le sieur François Métayer...

Toutes les institutrices furent laïques. Sauzé-Vaussais est le seul chef-lieu du canton où il n'y ait jamais eu de religieuses enseignantes.

Ecole de Sauzé-Vaussais 1803
Sauzé-Vaussais, les Alleuds, Lorigny et Mairé.
Instituteur. - Proust, à Sauzé-Vaussais.

1877 : M. Favraud, instituteur communal à Sauzé-Vaussais (Deux-Sèvres) ; deviendra inspecteur...

Sauzé-Vaussais (937 habitants.)
MÉTAYER (Pierre), libraire, 18 novembre 1868-1884
Depuis le décès de Métayer, en 1884, le seul libraire de Sauzé-Vaussais est Charles Richard, établi en juin 1875.

Sauzé-Vaussais
Site particulièrement remarquable : http://www.syvilage.com/
Célestin Meunier, tailleur d'habits, une belle étude :
http://www.syvilage.com/medias/files/5..le.tailleur.c.lestin.meunier.pdf
http://www.syvilage.com/medias/files/9-un-accident-stupide.pdf

http://www.syvilage.com/medias/files/8-la-der-des-der-du-soldat-alexandre.pdf

 
Le train
La commune était traversée par l'ancienne ligne de chemin de fer Saint-Jean d'Angléy - Civray et maintenant par la LGV SEA.




 


L'arrondissement de Melle comprend 137,289 hectares ; son sol est aussi à base calcaire; il est tantôt de bonne qualité, tantôt maigre et pierreux. On y voit six vallées principales : la vallée de la Sèvre Niortaise, la vallon de Cambon, la vallée de la Belle, la vallée delà Baronne, la vallée de la Boutonne et la vallée de la Dive du Midi ; cette dernière est marécageuse.
Les environs de Melle sont riants et pittoresques. La culture melloise est prospère; les terres qu'elle comprend sont encloses par des haies vives ou des palissades. Comme les autres cantons de l'arrondissement, elle produit du froment, de l'orge, du maïs et de l'avoine. Elle élève et engraisse annuellement beaucoup de mules.
Les rives delà Boutonne sont ornées de verdoyantes prairies naturelles et de beaux vignobles. L'arrondissement de Melle renferme plusieurs belles forêts.
Le canton de Sauzé-Vaussais produit annuellement des châtaignes qui sont estimées : le 19 novembre, est le jour de la grosse foire aux châtaignes à Sauzé.
« Faut pas de brumes dans le mois d'août, elles font tomber les châtaignes. » (R. Beau).
« Faut que les châtaignes bouillent dans les pélons au mois d'août.» (R. Beau).

"Aujourd'hui, 6 brumaire an VIII ... par devant moi Jean Gouault, agent municipal de la commune de Melleran ... est comparu Jacques Baujet, journalier et peu fortuné, demeurant à Mandegault, lequel m'a dit qu'étant à abattre des châtaignes près de Louchette avait entendu crier au loup enragé par différents individus qui le poursuivaient ; et ayant accouru au plus vite au devant dudit animal avec un fusil que lui avait procuré le citoyen Motheau, de Louchette, il avait tué l'animal avec beaucoup de peine ; d'après avoir fait de grands dégâts aux chiens qui étaient à sa suite, ainsi qu'à plusieurs brebis qui étaient aux champs, gardées par leurs bergères saisies d'effroy ; et sur lesquelles l'animal furieux aurait indubitablement, sans le courage intrépide de Baujet, exercé les mêmes ravages..."

Vignobles
Il y a peu de vignobles aux environs de Melle et au sud-est de cet arrondissement. En général, la majeure partie des vignes existe clans les cantons de Niort, Prahecq, Saint-Maixent, Airvault, Thouars, Argenton-Châleau, Saint-Loup, Thenezay, Saint-Varent et Chef-Boutonne.
A Pliboux, Montalembert, Sauzé-Vaussais, etc., par exception, la vigne est dirigée en treilles très-élevées, à une faible distance des habitations.
Les cépages cultivés sont nombreux. Au nombre des rouges on doit citer le teinturier ou gros dégoûtant, le breton, le gamel ou liverdun, l'amarré, le chauché ou pinot noir, le maroquin, la folle noire et le balsac. Parmi les blancs, on signale la folle blanche, qui est répandue, le pinot blanc, le colombard ou colombier, la lucanne, le chené ou chenin, le gouai ou goué.

Note sur la zone à Ammonites zigzag et A. ferrugineus dans le détroit du Poitou par Jules WELSCH.
(Bull. Soc. géol. de France, 1891, t. xxn, page 537).
Il existe dans le Détroit poitevin une série de calcaires, quelquefois dolomitiques, quelquefois remplis de rognons siliceux qui ont comblé l'intervalle compris entre le Massif limousin et le Massif vendéen.
A leur base on trouve le Toarcien, à leur sommet le Callovien, ces couches sont donc bajociennes et calloviennes, les fossiles y sont généralement rares.
M. Welsch décrit un certain nombre de gisements dans lesquels il a reconnu l'existence de Am. zigzag et Am. ferrugineus ce sont, en allant du Massif vendéen vers le Massif limousin, non loin de l'anticlinal de Montalembert
Gisement de Vaussais. A 2 kilomètres de Sauzé (Deux-Sèvres), carrières dans la vallée de la Péruse.
Gisement de Bannière. A 6 kilomètres au Sud de Vaussais dans le vallon des Effes, on retrouve la zone à Am. zigzag à la tranchée de la route de Sauzé à Villefagnan et dans les anciennes carrières du chemin de fer de Niort à Ruffec.
Gisement d'Eparon. A 3 kilomètres environ à l'Ouest de Bannière dans le même vallon des Effes, contre la route de Tessé à Montjean et au Sud, il y a une carrière où l'on tire des pierres de taille, on y trouve les deux ammonites en question.
Forêt de Ruffec. La zone à Am. zigzag existe dans la dernière tranchée à droite, avant la sortie de la forêt, sur la ligne du chemin de fer de Bordeaux à Paris à 4 kilomètres au Nord de Ruffec.
Vallée de la Charente-Bois-Regnier. Au Nord-Est de Ruffec, la route de Taizé-Aizie à Bioussac montre sur la rive gauche de la Charente la zone à Am. zigzag.
Roc de la Voulême. Cette zone se retrouve sur la rive droite de la Charente, au Nord du gisement précédent, en aval du village de Roc de Voulême où il y a de nombreuses carrières.
Vallée de la Charente-Comporté. Plus au Nord, sur la rive gauche de la Charente, à la montée de la route qui va de Comporté vers Civray on exploite des, calcaires qui, tout à fait au haut du coteau, contiennent Am. ferrugineus.
Gisement de Trafigère. Dans le vallon qui va de Lisant à Genouillé, là où le chemin de la Gourjandrie à la Trafigère entaille le coteau de la rive droite il y a une petite carrière où l'on trouve Am. Zigzag. Le travail de M. Welsch établit la continuité d'une zone fossilifère accompagnée d'un banc caverneux nommé rocquart et d'un niveau de grosses ammonites.
L. D.

Le châtaignier (1954)
Ils donnent à la campagne de Lorigné un aspect bien différent de celui des plaines avoisinantes. On en rencontre partout, tantôt groupés en châtaigneraies, tantôt isolés dans les haies et le long des chemins.
Les variétés sont peu nombreuses : la Lyonnaise et la Nozillat sont de bonne qualité et se conservent bien. La jaune et la rouge sont plus précoces mais ne se conservent pas l’hiver et sont bien moins bonnes.
On montre de moins en moins d’entrain à les récolter, la récolte en est pénible et demande beaucoup de temps, les prix ne sont pas toujours très rémunérateurs.
Autrefois on montait dans les arbres pour les gauler ; c’est un travail très dangereux car une grosse branche peut casser brusquement et tous les ans il y avait des accidents mortels. On rentrait à la ferme les châtaignes dans les bogues et on les triait à la veillée. On attachait beaucoup d’importance à cette récolte, car elle fournissait pour l’hiver une bonne partie de la nourriture de la famille. Depuis la première guerre, de plus en plus on attend bien patiemment que les châtaignes tombent toutes seules. Actuellement il n’y a guère que trois ou quatre vieilles personnes qui montent dans les arbres.
Tout au début de la saison elles se vendent par petits lots 30, 40 et même 50 f le kilo. Dès le début d’octobre les prix tombent jusqu’à 10 f pour remonter à 30 ou 40 f vers la Toussaint à la foire de Chef-Boutonne.
Tous les ans, de vieux châtaigniers disparaissent et ne sont pas remplacés.

Fagots catin
Les fagots catin sont tout simplement des fagots à une seule riorte, donc beaucoup plus courts que les fagots ordinaires à deux riortes. Et le nom paraît logique, ne dit-on pas : « Pas besoin de deux riortes pour aramir une catin ».
Autre explication possible, certaines personnes comparent les fagots à une seule riorte. moins serrés, à un pansement (catin).
Pour allumer mon feu de cheminée je fais tous les hivers des « catins », mais pour le four je fais des « longs ». La différence avec ceux de ma jeunesse c'est que mes riortes sont maintenant des ficelles de bottes de paille.
Il y a un demi-siècle j'avais un voisin originaire des environs de Melle, qui faisait des fagots courts, ce qui n'était pas courant dans le pays.
Il disait : « 1 vau pas fagota deux cots » (c'est-à-dire qu'il ne voulait pas recommencer le travail en cassant le bois pour allumer le feu).
Pour en revenir à l'article publié dans « Aguiaine », est-il exact qu'on tordait les riortes en mettant le petit bout par terre ? Ce qui est sûr c'est qu'on n'y arrive qu'en marchant sur le gros bout.
Certains fagoteurs de mon village avaient l'habitude pour plus de tranquillité, au cas où ils verraient mal les limites de leurs bois, de couper leurs riortes le 19 novembre, jour de la grosse foire aux châtaignes à Sauzé : presque tout le monde était « au dix-neu ».
Dans un autre ordre d'idée on disait d'une fille peu favorisée par la nature et difficile à marier : « 0 y a pas de chéti fagot qui trouve pas sa riorte ».
1983, René Caillaud, Fief-Richard, 79190 Sauzé-Vaussais.

Le noyer (Lorigné 1954)
Eux aussi se rencontrent dans les haies et le long des chemins, il n’y a pas de terrains spécialement consacrés.
Les arbres sont assez jeunes, la grande gelée de 1938 ayant détruit la plupart des vieux.
On ne nomme aucune variété, les arbres sont nés au hasard, laissés là ou plantés dans un endroit choisi. Les noix sont ramassées avec soin, la récolte en est moins désagréable que celle des châtaignes et le prix de vente toujours intéressant. En 1953 elles se sont vendues sèches plus de 100 f le kilo.
 
Les travaux de la LGV SEA.
 
Le canton de Sauzé-Vaussais en bref
Le canton compte 5 700 hab., 12 communes, 18 612 ha dont 2 603 de bois; il est limitrophe des départements de la Vienne et de la Charente et se situe principalement sur le bas plateau tapissé de dépôts sableux sidérolithiques; on a exploité jadis un peu de fer près de Sauzé.

L'agriculture - Lorigné 1954 : http://pioussay.wifeo.com/documents/lorigne-1954.pdf

A noter : Limalonges et ses 890 Limalongeois, 2 439 ha dont 485 de bois, 5 km à l’est du chef-lieu, qui abrite le dolmen de la Pierre-Pèze, le tumulus de Nouverteils, une église classée des 11e-12e s.; la commune a gagné 60 hab. depuis 1999; échangeur de la RN10 à quatre voies. Pers (70 hab., 473 ha), 10 km du chef-lieu, a une belle et fine lanterne des morts.

La Pierre-Pèse
A Limalonges, arrondissement de Melle, sur la route de cette ville à Civray, , se trouve un autre monument des Celtes; les habitants du pays le nomment Pierre-Pèse ; en effet, le poids de ce dolmen doit être énorme, car sa table a 7 mètres 30 centimètres de longueur, sur 3 mètres de largueur. L'épaisseur varie d'un mètre à 55 centimètres.

La table, qui s'incline du sud-ouest vers le nord-ouest, a d'un côté 1 mètre 45 centimètres de hauteur, de l'autre, il s'élève seulement au-dessus du sol de 70 centimètres, sa forme est très curieuse, elle va toujours en s'amoindrissant ; aussi peut-on la comparer par sa forme au soufflet d'un forgeron, elle est composée de cinq couches calcaires et soutenue par quatre piliers ; il y en a en réellement six, mais l'un d'eux est brisé et l'autre est trop petit.
Sous l'administration du préfet Dupin, en 1808, M. Jozeau, le savant secrétaire de la Société d'Agriculture, a fait des fouilles sous la pierre de Limalonges; à quelques pieds de profondeur, il a trouvé des ossements humains, entre autres un humérus, une clavicule et plusieurs rotules. Tous ces débris étaient assez bien conservés, on remarqua surtout l'os d'une mâchoire inférieure, il était absolument intact, les dents n'avaient pas subi la plus légère altération. Au milieu de ces ossements, on découvrit des armes et des instruments, est-à-dire des os d'une grande dureté, très pointus, tous de grosseur différente, puis deux casse-têtes, aux tranchants aigus, dont les Celtes aimaient à s'armer dans les jours de combats. Ces deux haches sont taillées en forme de coin, l'une est en quartz commun, l'autre plus petite est en espèce de jaspe.
Au milieu, et sur le point le plus élevé d'une vaste plaine, entre la commune de Vanzais et celle de Messé, s'élève ensuite un dolmen connu dans le pays sous le nom de Pierre-Folle , sa longueur est de 3 mètres sur 1 mètre 8 décimètres de largeur, son épaisseur n'est que de 50 centimètres. La table, qui s incline de l'ouest à l'est, était autrefois supportée de chaque côté par une seule pierre, et formait une grotte impénétrable.
Aussi pour procéder aux fouilles qui ont été faites sous ce monument, comme sous celui de Limalonges, M. Jozeau a-t-il été obligé d'enlever quelque chose à l'intégrité du monument. Une fois l'un des supports renversé, les recherches ont été faciles, mais elles ont produit peu de choses ; point de haches, point de flèches, seulement quelques débris humains, de petits os tombant en poussière, les autres avaient été dévorés par le temps, détrempés par des terres humides, car la plaine qui les renfermait dans son sein, est souvent inondée par les eaux des hivers.

Un nouveau cimetière
Ordonnance du Roi qui autorise la commune de Limalonges (Deux-Sèvres) à accepter la Donation à elle faite par le sieur Brothier, d'une pièce de terre de 75 ares, pour y établir un nouveau cimetière. (Paris , 12 Janvier 1825.)


En 1790, Sauzé et Vaussais furent réunis pour former une commune qui prit le nom de Sauzé-Vaussais et fut érigée en chef-lieu de canton. Cette commune aurait pu rester bicéphale, mais il n'en fut rien. Aujourd'hui, en 1990, Sauzé rassemble les 4/5e de la population de la commune, tous les services et pratiquement toute l'activité industrielle et commerciale.

Pourtant Vaussais fut longtemps le siège de la paroisse.
Son origine remonte à l'aube des temps historiques. Ce site dominant un point de passage, vraisemblablement l'emplacement d'un temple païen, était très apprécié des hommes de ce temps. Ils y bâtirent un village puis une église dédiée à Saint-Junien, cet anachorète qui était venu y répandre la foi chrétienne, et ce village devint le centre de la paroisse et du pays d'alentour.
Restauration quasi terminée début 2015... Clic !
La construction du manoir du « Puy Bouyer » - aujourd'hui « Puy d'Anché » sur l'autre versant compléta le dispositif.
Le Puy-D'Anché
Le Puy-d'Anché ou Puy-Bouyer est cité dans un document des archives de l'abbaye de Nouaillé daté de 938.
Au début du XVe siècle, le domaine appartenait aux de Calais. Guillaume, écuyer, premier connu, rendit aveu de son hébergement de Puy-Bouyer, en 1404, au duc de Berry, comte de Poitou. Pierre de Calais servit au ban de 1467 comme brigandinier du seigneur de Bressuire, Etienne servit à l'arrière-ban de 1489 et tint garnison au château de Clisson.
Le château eut également comme propriétaires les du Puy-d'Anché, au XV° siècle, et ce jusqu'au mariage, en 1681, de Louise du Puy-d'Anché avec Théodore Gay, seigneur des Fontenelles.
Jean-Baptiste Gay, dit « Baron de Sauzé », capitaine au régiment de Bretagne en 1792, émigra, combattit dans une compagnie noble de la légion de Corneville, puis à l'armée de Condé. Il fut fait colonel en 1815 et devint maire de Sauzé. Son fils Charles décéda sans postérité.
Claude de Bellay, seigneur du Puy-d'Anché, s'exila pour échapper aux persécutions contre ceux de la religion dite réformée et, en 1694, mourut à Berlin où décéda également en 1720, son compatriote Joseph Pandin, seigneur des Jarriges.
Louis XIV, à en croire la tradition locale, aurait passé la nuit au château du Puy-d'Anché, alors qu'il se rendait à la frontière franco-espagnole, en 1659, pour y signer la paix des Pyrénées.
Les routes de la région de Sauzé-Vaussais étaient alors fort mauvaises et il fallut, dit-on, utiliser plusieurs paires de bœufs pour sortir des fondrières les carrosses de la suite royale. Si la véracité de cette tradition n'est guère vérifiable, il est certain que le roi fit un don en argent pour la réfection de l'église de Vaussais, incendiée au cours des Guerres de Religion.


Pas de château fort ici
Si l'on observe que cet affaissement de terrain entre le plateau mellois et le horst de Montalembert fait communiquer le bassin de la Loire avec le Pays charentais et le bassin aquitain, et qu'il constituait donc un point de passage obligé qu'il était important de tenir, on peut s'étonner de ne pas trouver ici d'ouvrage fortifié. Pourtant le pays eut à souffrir du passage des invasions, des affrontements de la guerre de cent ans puis des guerres de religions, mais les seigneuries du pays étaient trop faibles pour jouer un rôle notable et le pays resta ouvert à toutes les influences.
(*) Maire honoraire de Sauzé-Vaussais (79).
 
...classée monument historique en 1907.

En 1402, la seigneurie de Vaussais dont la paroisse de Montjean appartenaient au Chapitre Cathédral de Limoges.
En savoir plus en cliquant sur ce lien !

 

Vaussais
Pendant les guerres de religion, le village et l'église furent incendiés. Vaussais releva ses ruines, restaura partiellement l'église qui faisait sa fierté, mais ce village qui aurait pu être une place importante commandant ce passage Nord-Sud, ce village retiré en dehors des voies de communications, ce village ne se développa pas et perdit peu à peu toutes ses prérogatives au profit de Sauzé qui allait, au contraire, bénéficier pleinement de sa situation au carrefour de deux routes fréquentées.

En effet, jusqu'en 1759, la grande route Paris-Bordeaux, le « Grand chemin », venant de Chaunay, passait à l'emplacement actuel de la place du marché pour rejoindre Ruffec.
Légende ?
Il s'agissait déjà d'une voie de première importance, une des rares qui fut praticable. Pourtant, on raconte que le carrosse du jeune roi Louis XIV, qui se rendait avec sa suite à la frontière d'Espagne, s'enlisa au Nord de Sauzé et qu'il fallut quelques paires de bœufs pour les sortir de ces fondrières.
 
Des vacances royales à Sauzé-Vaussais.

Le roi se serait arrêté au Puy d'Anché, le temps que l'on répare les dégâts. Ce qui est certain c'est qu'il ordonna la restauration de l'église et fit un don pour aider la paroisse ; une plaque apposée dans le chœur en témoigne.
Cette route croisait là « le chemin des saulniers », un itinéraire encore à peine tracé mais important, qui menait de la côte vers l'intérieur. A ce carrefour, des boutiquiers, des artisans, des cabaretiers vinrent s'installer. Sauzé est né de cette opportunité et allait profiter de cette situation privilégiée.
Au XVIIIe siècle, Sauzé était renommé pour ses foires où l'on commerçait « beaucoup de bled » et quantité d'autres denrées (1).
(1) Jouyneau-Desloges : Affiches du Poitou.
« Nous fournissons, écrit un chroniqueur d'alors, au Limousin par Confolens à l'Angoumois par Mansle et à la Saintonge par Écoyeux. »

Histoire des protestants de Sauzé-Vaussais dans ce bulletin municipal de 2011 : http://www.audaux.fr/Donnees/Structures/40789/Upload/325403.pdf

Sauzé avait un bureau de poste desservi par un relais de poste sur la route de Paris en Espagne), deux notaires. C'était le bourg le plus peuplé et le plus actif de la paroisse et des paroisses voisines, ce qui lui valut d'être choisi comme chef-lieu de la commune puis du canton, au grand dam de Vaussais, siège de la paroisse et dont l'église était alors «la maison commune».
 

Vaussais, à l'écart des voies de communication, était resté en dehors de cette activité et perdait de ce fait la primauté qu'il avait toujours exercée. Cette perte d'influence devint définitive lorsque Sauzé, qui avait bâti une église dans le bourg dès 1854 (ci-dessus), fut érigé en paroisse en 1871 et que le doyenné y fut transféré en 1905.
La construction de la nouvelle route Paris-Bordeaux qui, à partir de Chaunay, gagnait directement Ruffec en évitant Sauzé, porte un rude coup au développement du bourg. La première doléance exprimée par les Sauzéens dans leur « cahier » concernait ce problème.
«Nos malheurs ont commencé en 1759, année fatale où nous avons été privés de la grande route. depuis ce temps, nos denrées ont baissé de prix et de consommation et nos ouvriers, manquant d'ouvrage, sont devenus pauvres et oisifs.»

 
 

Les anciennes halles au bout de la place du marché, bâtiment en bois couvert de tuiles, furent détruites au début du XXe (lire dans bulletin municipal S-V de 2006). En 1870, débutait la construction de la halle (aux blés, aux grains). Ce bâtiment subit les affres du cyclone de février 1935. Mais ce n'était pas fini, elle fut totalement détruite le 11 juin 1944, pendant la guerre.
Les nouvelles halles (ci-dessous) ont été édifiées au début des années 1950, et financées par des fonds d’Etat, suite aux dommages de guerre. Plusieurs salles ont été aménagées ensuite à l’étage. Ces halles furent baptisées centre socio-culturel.


 

En 1835, les Sauzéens eurent enfin la compensation qui leur avait été promise lors de la suppression de leur artère vitale. La construction de la route nationale de « Nantes à Limoges » allait donner un nouvel élan au bourg et le transformer.

"La commanderie de Sauzé dépendait de celle de Civray établie dès 1184. La chapelle devint plus tard celle des Hospitaliers et servit longtemps d’église paroissiale ; les bâtiments de la commanderie furent vendus comme biens nationaux pendant la Révolution." Elle n'avait plus de prieur en 1741.

Les commanderies, chercher Civray dans la liste par ordre alphabétique :
http://www.templiers.net/departements/index.php?page=86


La traversée de l'agglomération d'Ouest en Est par cette nouvelle voie nécessite le dégagement des ruines de la Commanderie ainsi que la démolition d'un certain nombre de maisons, au demeurant fort misérables, et leur reconstruction, ce qui eut pour conséquences une certaine uniformité de l'habitat et une nouvelle topographie du bourg. Pas d'imposantes demeures seigneuriales, peu ou pas de riches maisons de notables mais des habitations d'artisans et de marchands, construites sur le même type, avec locaux professionnels au rez-de-chaussée et logements au-dessus.
Des constructions simples mais confortables pour l'époque, alignées de chaque côté de cette « grand'rue » qui devient la nouvelle artère vitale. Cet ancien village, bâti autour d'un carrefour, devient un « bourg-galerie » orienté sur un nouvel axe Est-Ouest.
L'apparition du chemin de fer allait apporter une donnée nouvelle. Le Conseil municipal d'alors se battit avec acharnement, mais en vain, pour que la ligne Niort-Ruffec passe par Sauzé pour se raccorder sur la « grande ligne » Paris-Bordeaux à Saint-Saviol. Il n'obtinrent que la voie départementale Saint-Saviol-Saint-Jean-d'Angély, qui avait l'énorme inconvénient de ne pas avoir le même écartement des rails que les « grandes lignes », et par conséquent d'imposer le transbordement des marchandises pour passer de l'une à l'autre. C'était un pis-aller qui allait tout de même, jusqu'à sa suppression en 1951, faciliter les déplacements, l'approvisionnement et la commercialisation des denrées et encourager le développement de l'industrie du bois qui reste encore aujourd'hui très importante. Par ailleurs, le choix de l'emplacement de la nouvelle gare, à l'extérieur du bourg en direction de Ruffec, souleva bien des critiques. Il eut pourtant pour conséquence de développer l'activité dans cette direction, le long de la « rue de la gare » et le bourg ne s'articula plus sur un seul axe mais sur un Y.

La Péruse débute sur la commune (à la limite sur Mairé-Lévescault). L’hiver et au printemps elle coule de Sauzé à la fontaine de St Junien à Vaussais, voire à la font des Touches. En période de pluviométrie normale, elle se maintient l’été depuis l’aval du pont de la Combe. Son linéaire sur la commune est d’environ 3.500 km de la fontaine de St Junien au captage de la Fontcaltrie qui alimente le secteur en eau potable.
Cette rivière, en période d’étiage est asséchée en plusieurs points de son parcours, son lit reposant sur du calcaire fissuré, donc très perméable.


En même temps, la construction des voies départementales Sauzé-Ruffec et Sauzé-Chef-Boutonne, ainsi que d'un bon réseau de chemins reliant Sauzé aux communes voisines et aux gros villages, contribuera encore à faire de Sauzé un bourg-centre. Des places sont aménagées le long de la grand'rue champ de foire aux bœufs, champ de foire aux porcs, champ de foire aux moutons ; les magasins et ateliers, les cafés et auberges se multiplient ; des halles sont construites. Sauzé reçoit des marchandises en gros et les redistribue aux communes voisines, les foires sont fréquentes et réputées.
Jusqu'au milieu du XXe siècle, la topographie du bourg ne changera guère.
« L'explosion économique » des années 60 se traduit par un agrandissement spectaculaire de l'agglomération avec la création de petites usines, de lotissements, d'habitations particulières et la construction - ou la reconstruction – de nombreux équipements publics.
Cette expansion s'oriente d'abord vers le Sud en direction de Vaussais. Les responsables du plan d'occupation des sols tentent de transformer ce bourg-galerie en une agglomération plus compacte et mieux structurée mais si le résultat est sensible avec les lotissements, les activités reprennent leur « marche vers l'Est ». Aujourd'hui, les magasins, cafés et restaurants qui existaient dans la partie Ouest ont disparu ou se sont réinstallés dans la partie Est : le centre s'est déplacé.
Collège Anne Franck : http://etab.ac-poitiers.fr/coll-sauze-vaussais/
Cette translation qui se poursuit lentement, mais inexorablement, depuis trente ans, s'accélère brusquement. En effet, l'importance du trafic transitant par la grand'rue a nécessité la construction d'une déviation de la routes Nantes à Limoges qui évite le centre. Le commerce, menacé de perdre une partie de sa clientèle a bien réagi en faisant un effort très remarqué de modernisation, de rajeunissement et même de créations mais les deux magasins les plus importants quittent le centre pour s'installer à la sortie Est avant la déviation. Décision nécessaire sans doute, mais lourde de conséquences.
Cette désertification du centre-ville est certes un phénomène général mais ici, elle s'oriente dans une seule direction.
Sa situation privilégiée et la facilité des échanges ont été des facteurs déterminants du développement de Sauzé, mais tout au long de son histoire, l'agglomération s'est articulée sur un axe, l'axe N.-S. d'abord puis l'axe E.-O. Il semble que ce bourg n'a cessé d'être hanté par ce « grand chemin » qui l'a vu naître, puis qui l'a abandonné, et qu'il continue à lui tendre les bras.
Source : Aguiane juillet-août 1990, Histoire d'une commune vue à travers l'évolution des voies de communication, par Henri Minault.

Horlogerie à Sauzé-Vaussais, des photos et des gens...
http://www.horlogerieancienne.com/Pagecpasauze1.htm


A la foire aux gorets à Sauzé-Vaussais (et Lezay...)

Fernand BOURON, des Granges de Saint-Jean-d'Angély, âgé de 76 ans, ancien marchand de gorets.(Enquête sur le commerce des porcs, par J. FORTIN, les Granges, 17400 Saint-Jean-d'Angély.)

M. Bouron est né à La Vergne, en 1908, puis il a habité à la pointe de Mazeray à l'époque où il exerçait sa profession. Pour s'approvisionner, il se rendait aux foires de Sauzé-Vaussais, de Chef-Boutonne, de Ruffec ou de Lezay. Il y allait tous les mois ou tous les deux mois, suivant les demandes de ses clients. Il prenait le train à la gare de Saint-Jean qu'il rejoignait de chez lui à bicyclette.

Aussitôt arrivé à destination, vers neuf heures, il gagnait le champ de foire aux cochons, couvert d'une casquette et d'une peau de bique, l'hiver.

Les paysans poitevins avaient amené les gorets dans une geôle traînée par un bourricot. Les femmes étaient en coiffis et parlaient leur jargon qu'il arrivait à comprendre à la fin.

Les producteurs faisaient les prix, et lui, il marchandait pour en tirer un meilleur profit. Il arrivait que les vendeurs préféraient retourner leur marchandise chez eux, s'ils jugeaient que les prix offerts étaient trop bas.

Lezay était la meilleure foire, où il y avait les plus beaux gorets. Il les achetait 25 pistoles pièce, soit 250 francs. Il lui arrivait d'en prendre un à 100 francs. Le prix du billet de train était de 40 à 50 sous.

Il n'achetait que très rarement des naurains de 30 kg. Son commerce se faisait sur des laitons de 30 à 40 livres. Onze à douze gorets étaient enfermés dans une geôle, cage à cochons. Le vendeur les transportait à la gare du lieu. Le lendemain matin, les cages arrivaient à La Vergne où il allait les chercher. Il débarquait les animaux, les amenait chez lui, les nourrissait avec des pommes de terre-limousines, très grosses et très bonnes, ou avec des patates rouges à goret. Le lendemain, il assurait la distribution à ces clients à l'aide d'une charrette tirée par un cheval. Il visitait une petite région où il avait ses acheteurs attitrés : La Vergne, Landes, La Fayolle, Tonnay-Boutonne, Puymoreau, Lussaud, La Benâte. Il attrapait le goret par une patte et ensuite le mettait sous son bras pour le descendre de la carriole.

La race achetée le plus souvent était des bâtards à l'oreille cassée ; les paysans ne voulaient pas de « large white ».

Quand il a pu faire l'acquisition d'une camionnette, il allait aux foires de Saint-Maixent et de Marans.

Il a connu les marchands de gorets de la région : Monnet à Aulnay, Soulard à Puyrolland, Bellamy à Tonnay-Boutonne, Jourdain à Courcerac ; ils sont tous morts aujourd'hui, m'a-t-il confié avec tristesse.

Ensuite M. Bouron a été tueur de cochons à La Vergne et il a transmis ses connaissances à d'autres personnes.

Une habitante de Courcerac m'a confié que le marchand de gorets de La Fontaine était pas mal coquin. Chez son client, après livraison, il chargeait quelques pierres pour éviter de rouler à vide. Il avait à la fin un beau tas de pierres pour construire une maison : il n'y a pas de petit profit !



Des photos de Sauzé-Vaussais  et environs :
http://www.horlogerieancienne.com/Pagecpasauze1.htm
http://www.mesvoyagesenfrance.com/D79/sauze.html
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