Ligne Saint-Jean-d'Angély à Saint-Saviol - Civray
 
Le Réseau des Charentes et Deux-Sèvres de la compagnie des chemins de fer départementaux (CFD), comprend plusieurs lignes construites à voie métrique. Il est situé dans les départements de Charente, Charente-Maritime et Deux-Sèvres. Il a été mis en service en 1886 et fermé en 1950.

Le railway en Charente


La voie du front
Alexandre Ayrault du village de Queue-d'Ageasse dans la commune de Lorigné, fut mobilisé en tant que réserviste au 325e d’infanterie comme tant d’autres jeunes hommes pour participer à la « Grande Guerre ».
Pour rejoindre son régiment à Poitiers, il prit le train à la gare de la Chapelle-Pouilloux (et Lorigné) le mardi 6 août 1914 à 8 heures du matin. Il recevra le baptême du feu le 20 août 1914.

Après de durs moments, il sera « tué à l’ennemi » à la Sapinière de la Courtine (Meurthe-et-Moselle) le mardi 29 août 1916. Alexandre Ayrault est « Mort pour la France » à l’âge de 32 ans, 3 mois et 25 jours, après deux ans et 23 jours de guerre. Le numéro du régiment de réserve est celui du régiment d’active augmenté de 200.
Lisons le : "Départ du foyer paternel le troisième jour de la mobilisation, le mardi 6 heures au matin à la Chapelle-Pouilloux : départ de la gare à 8 heures 20. Arrivée à Saint-Saviol, passage du 14e régiment d’artillerie en garnison à Tarbes, le train est pavoisé de branchages. Grands enthousiasmes parmi les mobilisés. Arrivée à Poitiers à 11 heures..."




Saint-Jean-d’Angély à Saint-Saviol : on lit plutôt Saint-Jean-d’Angély à Civray mais le terminus se situait bien à Saint-Saviol où voyageurs et marchandises pouvaient être transférés sur le Paris-Bordeaux.

La ligne Saint-Jean-d’Angély à Saint-Saviol fut ouverte à l’exploitation le 4 octobre 1896 et ce, jusqu’au 31 décembre 1950. Quarante trains y circulaient par jour en 1913.

A cette époque tout chemin menait en ville, de Paizay-Naudouin, Chef-Boutonne ou Sauzé-Vaussais, on était connecté, il n'y avait plus qu'à surfer sur le réseau : tchou ! tchou !



En 1886, une ligne de chemin de fer Saint-Saviol–Charroux avec pour but de rejoindre le Blanc (Indre) fut créée. Poursuivie jusqu'à Lussac-les-Châteaux en 1891. Elle date d'avant la construction de la ligne Saint-Saviol à Saint-Jean-d'Angély..

Consulter la carte ancienne des chemins de fer en France


Le projet de 3e réseau d'intérêt local est né de la loi Freycinet de 1878.

La loi du 17 juillet 1879 prévoit la création de la ligne n°82 qui va de Civray (Saint-Saviol) à Saint-Jean-d’Angély via Sauzé-Vaussais et Chef-Boutonne.

De 1881 à 1893, le tracé va être aprement négocié par les conseils généraux des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime pressés par les communes concernées, ou non.


Le conseil général des Deux-Sèvres prévoit en session d'avril 1881 que cette ligne se raccorde à la ligne Ruffec-Niort au niveau de la gare de Chef-Boutonne.


Lignes à l'étude
Avril 1881, conseil général des Deux-Sèvres.
Ligne de Saint-Jean-d'Angély à Civray avec embranchement sur Cognac, par Matha.
D'après les études que nous avons faites, nous comptons proposer pour ce chemin de fer le tracé suivant : la nouvelle ligne se détachera du chemin de fer de Saint-Jean-d'Angély à Niort à 1,100 mètres au-delà de la station de Saint-Denis-du-Pin (donc vers le nord de Saint-Jean d'Angély), se dirigera vers la Boutonne, qu'il franchira près de Nuaillé, remontera la vallée de la Brédoire jusqu'à Aulnay, et traversera la forêt d'Aulnay pour redescendre, par Paizay-le-Chapt, vers Chef-Boutonne, où elle se raccordera près de Javarzay avec le chemin de fer de Niort à Ruffec...

Note : Le tracé est le plus direct possible afin d'être le plus court possible, la ligne file par le nord d'Aulnay et passe en forêt à l'est de La Villedieu pour rejoindre Paizay-le-Chapt et Chef-Boutonne. A noter qu'il lui aurait été facile de filer directement à Brioux-sur-Boutonne.

... Au sortir de la gare commune à Chef-Boutonne, la nouvelle ligne remontera vers Ardilleux et Melleran, viendra près de Sauzé-Vaussais rejoindre la route nationale n° 10, qu'elle suivra jusqu'à la gare de Civray (Saint-Saviol), où elle se raccordera avec la ligne de Paris-Bordeaux.

La distance totale entre les gares de Saint-Jean-d'Angély et de Civray sera, d'après le tracé, de 70 kilomètres 500, en y comprenant les 6 kilomètres et les 2 kilomètres empruntés sur les lignes de Saint-Jean-d'Angély à Niort et de Niort à Ruffec.
La longueur totale à construire ne sera que de 62 kilomètres 500 : 23,500 mètres dans la Charente-Inférieure ; 38,200 mètres dans les Deux-Sèvres ; 800 mètres dans la Vienne.
D'après les dernières opérations sur le terrain, l'établissement de cette ligne pourra se faire sans grands terrassements, tout en ne présentant aucune déclivité supérieure à 10 millimètres...

Note : Point intéressant, le volume des terrassements, nous verrons que le tracé définitif aurait pu générer d'importantes tranchées.

... Il y aura lieu de prévoir des stations ou haltes à Nuaillé, Aulnay, la Forêt-d'Aulnay, Paizay-le-Chapt, Chef-Boutonne (gare empruntée), Melleran et Sauzé-Vaussais.

De nombreuses pétitions et délibérations de trente-quatre conseils municipaux de diverses communes de l'arrondissement de Melle ont demandé que la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Civray vint se raccorder avec le chemin de fer de Niort à Ruffec, vers la gare de Brioux.
Ce tracé, qui passerait par - ou près - Villefollet, Villiers-sur-Chizé, la Villedieu-d'Aulnay, Aulnay, Paillé, les Églises-d'Àrgenteuil et Saint-Julien-de-Lescap, pourrait être assez avantageux aux intérêts des cantons de Brioux, Melle et Celles, pour être adopté dans le cas d'un chemin de fer d'intérêt local.


Mais il s'agit d'une ligne d'intérêt général, et on ne peut demander à l'État d'abandonner la forêt domaniale d'Aulnay et d'établir, pour desservir Brioux, un nouveau chemin de fer qui ne sera qu'à 20 kilomètres de la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Niort.

Nous croyons donc qu'il y a lieu de maintenir le raccordement à Chef-Boutonne, réclamé du reste par les délibérations de onze conseils municipaux des cantons de Chef-Boutonne et de Sauzé-Vaussais, ainsi que par le Conseil général de la Vienne.


Lettre présentée en séance d'avril 1884
Paris, le 29 janvier 1881.
Monsieur le préfet,
L'article 3 de la loi du 17 juillet 1879, relative au classement du réseau complémentaire des chemins de fer d'intérêt général, est ainsi conçu :
L'exécution des lignes désignées à l'art. 1er aura lieu successivement en tenant compte des intérêts militaires et des intérêts commerciaux, ainsi que du concours financier qui sera offert par les départements, les communes et les particuliers. Déjà, en conformité de la loi, le département des Deux-Sèvres a voté une subvention d'un million de francs pour l'établissement du chemin de fer de Niort à Montreuil-Bellay, et il a été pris acte de cet offre de subvention dans la loi qui a prononcé l'utilité publique du chemin.
Depuis cette époque, une commission, composée de fonctionnaires du ministère des travaux publics et du ministère de l'intérieur, a été instituée près de mon administration à l'effet de déterminer le montant des subventions à demander à chaque département pour l'établissement des lignes sur son territoire.
En ce qui concerne les chemins de fer de Breuil-Barret à Parthenay et de Saint-Jean-d'AngéJy à Civray, la commission, après en avoir délibéré, a émis l'avis que le département des Deux-Sèvres devait être appelé à concourir à l'exécution de la première de ces deux lignes en prenant à sa charge la totalité des dépenses d'acquisition dés terrains situés sur son territoire, et pour la seconde la moitié des dépenses d'acquisition des terrains dans les mêmes conditions.
Cet avis m'a paru bien fondé et je l'ai approuvé par décision de ce jour. Je vous prie, en conséquence, de saisir de la question le Conseil général, dans sa plus prochaine session, et de l'inviter à en faire l'objet d'une délibération spéciale.
Vous voudrez bien remarquer, M. le préfet, que si la subvention départementale est demandée sous la forme qui vient d'être indiquée, c'est dans le but d'associer le département à l'Etat dans la dépense d'acquisition des terrains et d'atténuer ainsi, dans une certaine mesure, les exagérations qui se produisent parfois dans les évaluations des jurys d'expropriation.
L'Etat se chargerait d'ailleurs de procéder en son nom aux acquisitions des terrains, à moins que le département ne croie plus avantageux d'en poursuivre lui-même les opérations.
Il est entendu, en outre, que les subventions communales et particulières viendront en déduction de la subvention départementale sans que l'Etat ait à intervenir dans leur recouvrement.
J'ajouterai que la déclaration d'utilité publique des lignes dont il s'agit ne sera pas demandée au Parlement tant que le département n'aura pas pris envers l'Etat l'engagement qui vient d'être indiqué.
Je vous prie de donner connaissance des observations qui précèdent au Conseil général des Deux-Sèvres et de m'adresser deux copies de sa délibération, dès qu'elle aura été prise.
M. l'ingénieur Forestier, à qui je communique la présente dépêche, pourra fournir au Conseil général tous les renseignements qu'il désirerait obtenir.
Recevez, etc.
Le ministre des travaux publics, signé : SADI-CARNOT.
 


24 juin 1894
Assassinat de Sadi Carnot

Le soir du 24 juin 1894, le président de la République française Sadi Carnot, en visite officielle à Lyon, sort d'un banquet offert par le maire de la ville, le dr Gailleton. Il se rend au Grand Théâtre quand un homme monte sur le marchepied de sa voiture et le blesse mortellement d'un coup de poinçon.
Le meurtrier est un anarchiste italien du nom de Caserio qui aurait voulu répliquer aux mesures d'exception contre la flambée d'anarchisme. Dès le lendemain du meurtre, des émeutes anti-italiennes surviennent à Lyon. Elles doivent être réprimées par la troupe ! Caserio, prestement condamné, est guillotiné le 16 août suivant.


Suite
Pour vous mettre à même dès maintenant de prendre une décision en toute connaissance de cause, j'ai demandé à M. l'ingénieur en chef Forestier de vouloir bien me faire connaître la dépense que pourrait représenter l'acquisition des terrains clans les conditions déterminées ci-dessus. M. l'ingénieur m'a fait savoir que la dépense serait en moyenne de 12,000 fr. environ par kilomètre, soit pour la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Civray... 230.000 fr. et pour celle de Breuil-Barret à Parthenay... 360.000 fr Total 590.000 fr.

Ligne de Saint-Jean-d'Angély à Civray.
Direction à donner à la ligne.
A la suite de la décision que vous aurez prise sur le concours financier du département dans les frais de construction des lignes de Saint-Jean-d'Angély à Civray et de Breuil-Barret à Parthenay, vous jugerez sans doute opportun d'émettre un avis sur la direction à donner à ces voies ferrées.
En ce qui concerne la première, je crois devoir mettre sous vos yeux la copie d'une pétition qui a été adressée à M. le ministre et qui a recueilli des adhésions très-nombreuses dans les trois départements de la Charente-Inférieure, des Deux-Sèvres et de la Vienne.

Commune de Sauzé-Vaussais. Pétition.
Monsieur le ministre,
Les habitants de la commune de Sauzé-Vaussais ont l'honneur de vous exposer ce qui suit :
Vu la loi votée par les deux Chambres classant dans le réseau complémentaire d'intérêt général le chemin de fer de Saint-Jean-d'Angély à Civray, passant par Aulnay, Chef-Boutonne et Sauzé-Vaussais ;
Vu le rapport présenté au Conseil général des Deux-Sèvres (session d'août 1880), par l'ingénieur en chef des chemins de fer de l'Etat, M. Forestier, en résidence à Poitiers ;
Considérant que cette ligne est de la plus grande importance, tant au point de vue de l'Etat, comme voie stratégique en reliant l'Arsenal de Rochefort à celui de Bourges, qu'au point de vue des intérêts commerciaux et agricoles en ouvrant des communications directes entre le centre de la France et le port de la Rochelle qui est appelé, par les améliorations qu'on y apporte, au plus brillant avenir ;
Considérant que tout changement de direction de la ligne déjà tracée aurait pour effet un allongement de parcours qui porterait une atteinte sérieuse aux intérêts des populations desservies par la dite ligne dont la création a pour but l'intérêt général et non l'intérêt local, et qu'alors il importe que la direction à lui donner soit la plus courte possible ;
Les soussignés demandent avec la plus vive instance que le tracé tel qui a été exécuté par les ingénieurs de l'Etat soit maintenu, c'est-à-dire que le raccordement de la ligne de Saint-Jean à Civray à celle de Niort à Ruffec se fasse directement à Chef-Boutonne et non à Brioux ;
Les soussignés demandent en outre que le chemin de fer de Saint-Jean-d'Angély à Civray, faisant suite à celui du Blanc, soit, le plus promptement possible, déclaré d'utilité publique.
Ils ont l'honneur d'être, etc.
(Suivent 530 signatures.)

Vu par nous, maire de la commune de Sauzé-Vaussais, pour légalisation des cinq cent trente signatures apposées ci-dessus et d'autre part.
A Sauzé-Vaussais, le 10 décembre 1880.
Le maire, Signé : Chevallier.


Cette pétition a été copiée par les communes de la Chapelle-Pouïlloux, Pers, Caunay, Clussais, Mairé-Lévescault, les Alleuds, Pliboux, Montalembert, Limalonges, Lorigné et Melleran où il a été recueilli 1,637 signatures.

Dans la Charente-Inférieure, le tracé par Sauzé-Vaussais et Chef-Boutonne a fait de même l'objet d'une délibération du Conseil municipal d'Aulnay qui a été appuyée des pétitions de dix-sept communes, où il a été recueilli : 1,668 signatures.
Enfin le Conseil général de la Vienne a émis un voeu favorable au tracé par Sauzé-Vaussais et Chef-Boutonne.


Mise à l'enquête pour la déclaration d'utilité publique.
Paris, le 18 juillet 1882.
Monsieur le préfet,
J'ai examiné en Conseil général des ponts et chaussées l'avant-projet présenté par MM. les ingénieurs de l'Etat pour l'établissement du chemin de fer de Saint-Jean-d'Angély à Civray qui a été classé par la loi du 17 juillet 1879 dans le réseau d'intérêt général.
Le tracé se détache du chemin de fer en exploitation de Saint-Jean-d'Angély à Niort, à la sortie de la gare de Saint-Jean-d'Angély, au-delà du passage à niveau des allées d'Aussy, passe en tranchée au-dessous du moulin de ce nom et au nord du village de Courcelles, franchit la Boutonne près du château des Granges, dessert les Eglises d'Argenteuil, traverse le ruisseau de Padôme, et pénètre dans la vallée de la Saudrenne et atteint Aulnay...

Note : le parcours a changé, la ligne tourne court à l'est dès Saint-Jean-d'Angély, file au dessus de Courcelles, au dessus des Eglises-d'Argenteuil et rejoint Aulnay.

... Il se dirige ensuite sur Saint-Mandé où il franchit la Brédoire, traverse la forêt d'Aulnay en se rapprochant de la Villedieu, passe au nord de Paizay-le-Chapt, puis entre Crézières et Lussay, s'engage dans la vallée de la Boutonne et gagne Chef-Boutonne où il se raccorde avec la ligne de Niort à Ruffec qu'il emprunte sur 1,591 mètres 36. Le tracé remonte immédiatement après sur le faîte du plateau de Melleran, puis se dirige sur Sauzé-Vaussais qu'il atteint après avoir traversé la vallée de Péruse et, longeant ensuite la route nationale n° 148, vient se raccorder avec la ligne de Tours à Bordeaux, à 745 mètres de l'axe du bâtiment des voyageurs de la station de Civray.
La longueur totale du parcours entre Saint-Jean-d'Angély et Civray sera de 65 kilomètres 875 mètres environ et la longueur à construire de 63 kilomètres.
Quant à la dépense d'établissement, elle est évaluée en totalité, pour un chemin de fer à une seule voie, à 10,900,000 fr. dont 5,200,000 fr. pour l'infrastructure, 4,100,000 fr. pour la superstructure et 1,600,000 fr. pour le matériel roulant.
Six stations intermédiaires, sans compter celle de Chef-Boutonne, commune à la nouvelle ligne et au chemin de fer de Niort à Ruffec, ont été prévues aux Eglises d'Argenteuil, à Aulnay, à la Villedieu, à Paizay-le-Chapt, à Melleran et à Sauzé-Vaussais; on a projeté également
deux haltes à Nuaillé et à Limalonges.
Le Conseil général des ponts et chaussées, après en avoir délibéré, a émis l'avis qu'il y avait lieu de prendre en considération l'avant-projet dont le tracé est décrit ci-dessus et de le soumettre aux formalités de l'enquête d'utilité publique.
Cet avis m'a paru bien motivé et je l'ai approuvé par décision de ce jour.
Je vous invite, en conséquence, à procéder sans retard à l'ouverture de cette enquête sur l'avant-projet dont il s'agit, suivant les formes déterminées par le titre Ier de la loi du 3 mai 1841 et les ordonnances des 18 février 1834 et 15 février 1835.
Vous voudrez bien vous concerter à cet égard avec M. l'ingénieur en chef Rondel, chargé des études de la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Civray, et l'inviter à préparer immédiatement les dossiers nécessaires pour l'enquête suivant les formules-types annexées à la circulaire
ministérielle du 28 juillet 1879 (Dossier A*).
Je fixe à un mois la durée du dépôt des pièces qui devra avoir lieu au secrétariat général de la préfecture de chacun des départements traversés, Charente-Inférieure, Deux-Sèvres et Vienne, ainsi que la durée de l'ouverture des registres destinés à recevoir les observations du public, lesquels devront être déposés au secrétariat général de chaque préfecture et, pour le département de la Charente-Inférieure à la sous-préfecture de Saint-Jean-d'Angély, pour le département des Deux-Sèvres, à la sous-préfecture de Melle, et, pour le département de la Vienne, à la sous-préfecture de Civray.
Je vous serai obligé de faire toutes les diligences nécessaires pour que les formalités d'enquête soient remplies sans aucun retard.
Dès que l'instruction sera terminée, vous voudrez bienen communiquer le dossier à M. Rondel et me le faire parvenir ensuite avec le rapport de ce chef de service et votre avis personnel.
Je donne connaissance de la présente à M. l'ingénieur en chef et je lui transmets directement les pièces de l'avant-projet.
Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
Le ministre des travaux publics,
Pour le ministre et par autorisation :
Le conseiller d'Etat, directeur des chemins de fer,
Signé : PICARD.
 


Le ministre approuve l'avant-projet de la ligne le 18 juillet 1883. Il comporte des stations et des haltes. Mais il faudra attendre encore...



Selon le cahier des charges
Les stations
Composées d'une voie de service de 200 mètres qui permet un garage sur 150 mètres auquel s'embranche une voie de débord en cul-de-sac de 55 mètres, d'un trottoir pour les voyageurs long de 60 mètres ente les deux voies et de 40 mètres le long du bâtiment voyageurs. Lequel bâtiment est accolé aux halles à marchandises prolongées par un quai découvert de 8 mètres de long.

Les haltes
Bâtiments voyageurs ordinaires, sans halles aux marchandises ou des maisons de garde

Les arrêts
Nombreux et sans abris sur la ligne Ruffec-Niort de l'Etat , il fallait prendre la précaution d'acheter son billet avant, à une halte.

Les arrêts facultatifs
Un exemple à Fleury d'Aubigné (voir plus bas). Où l'inscription visible dans les années 1960 est aujourd'hui effacée. Il fallait se manifester auprès du chef de train avant le départ si on voulait pouvoir descendre, ou lui faire signe depuis la halte pour qu'il stoppe le train.

Ainsi on trouvera sur cette ligne en 1886 :
En Charente-Maritime
Saint-Jean-d’Angély (terminus)
Saint-Julien de l'Escap (halte)
Poursay-Garnaud (halte)
Vervant-les-Eglises-d'Argenteuil (halte)
Pouzou-Nouaillé (halte)
Paillé-Virolet (halte)
Aulnay - station (arrivée-départ)
Vilemorin-Contré (halte)
Néré - station
Le Paradis (arrêt facultatif)
Saleignes-Romazières

En Deux-Sèvres
Garage forestier de Fleury (commune d'Aubigné) arrêt facultatif
Paizay-le-Chapt-Aubigné (halte)
Crézières (arrêt facultatif)
La Bataille (halte)
Chef-Boutonne station (arrivée-départ)
Mandegaud (arrêt facultatif)
Melleran (halte)
La Chapelle-Pouilloux-Lorigné (halte)
Sauzé-Vaussais (station)
Limalonges (halte)
En Vienne
Saint-Saviol (terminus)
 


Rapport du Préfet de la Charente Inférieure
Août 1884
Chemin de fer de Saint-Jean-d'Angély à Civray.
Variante de tracé dans le canton d'Aulnay.
Dans mon rapport sur la suite donnée aux voeux émis dans la session d'août 1883, je vous
ai fait connaître les raisons qui s'opposaient à l'adoption d'une variante au tracé de la ligne de
Saint-Jean-d'Angély à Civray destinée à desservir la partie Est du canton d'Aulnay.
Je vous remets copie des délibérations des conseils municipaux de Vinax et des Eduts indiquant une combinaison qui se rapproche de la précédente.
Le nouveau tracé recommandé par ces conseils, ne pourrait d'ailleurs avoir quelque chance d'être adopté, qu'en cas de classement de la ligne de Beillant à Chef-Boutonne, dont vous avez sollicité l'établissement dans vos précédentes sessions.
C'est là une condition sine qua non.
Le tracé indiqué quitterait en effet Aulnay pour descendre sur les Eduts et continuerait sur Chef-Boutonne par le Pas-des-Chaumes et Loubigné, se confondant ainsi à partir des Eduts avec le tracé de Beillant à Chef-Boutonne.
Vous examinerez, Messieurs, s'il convient, en l'état, de vous associer aux voeux exprimés par
les sconseils municipaux de Vinax et des Eduts.


13 avril 1885
Conseil général de la Charente Inférieure
Proposition de MM. Normand Dufié et Larade, ainsi conçue :
« Les conseillers généraux soussignés prient leurs honorables collègues de vouloir bien renouveler un voeu pressant pour que les études définitives de la ligne de fer de Saint-Jean d'Angély à-Civray soient ordonnées le plus tôt possible et que cette ligne soit comprise dans les premières propositions d'utilité publique qui seront présentées aux Chambres par le Gouvernement. »


Août 1885
Conseil général de la Charente Inférieure
Etudes d'avant-projets.
Ligne de Saint-Jean d'Angély à Civray avec embranchement sur Cognac par Matha.
Ce chemin de fer a été classé en 1879 dans le réseau complémentaire d'intérêt général.
La ligne principale de Saint-Jean d'Angély à Civray, d'une longueur approximative de 65
kilomètres 875 mètres
, dont 22 kilomètres 110 mètres dans le département de la Charente-Inférieure, a été soumise aux enquêtes prescrites par le titre 1er de la loi du 3 mai 1841.
Nous avons adressé le 31 janvier 1883 à MM. les Préfets des trois départements traversés, le
rapport des Ingénieurs concluant à la déclaration d'utilité publique du tracé soumis aux
enquêtes.
Lés études de l'embranchement sur Cognac, qui comportent deux variantes, sont sur le point
d'être terminées et pourront être prochainement soumises à l'Administration, lorsqu'elle aura fait connaître sa décision au sujet du tracé adopté entre Saint-Jean-d'Angély et Aulnay.


Conseil général des deux-Sèvres
Séance du 22 août 1885, chemins de fer

M. de La Porte lit le rapport suivant :
Messieurs,
Le rapport que nous vous présentons à cette session sera bref. Nous n'avons à proposer au Conseil que le renouvellement des voeux habituels pour :
1° La déclaration d'utilité publique de la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Civray, avec étude de la variante par Brioux ;
Nous ferons observer, en ce qui concerne la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Civray, que la Chambre a voté ces jours-ci la concession à la Compagnie d'Orléans et l'exécution à voie normale de la ligne Ruffec à Exideuil (Charente), au moyen de laquelle il est obtenu des raccourcis importants entre notre région et Limoges ou Clermont-Ferrand.
La nécessité d'exécuter le chemin de fer de Saint-Jean-d'Angély à Civray devient par là même encore plus urgente, car c'est par ce chemin, qui doit se relier à la ligne de Niort à Ruffec, que sera établie la voie la plus courte de Limoges et Clermont-Ferrand à La Rochelle et Rochefort.
Nous devons également, pour satisfaire au voeu de notre collègue M. Théophile Perrain,  insister encore pour que les haltes de Fontenille et de Loubillé soient converties en stations. La commune de Loubillé a offert une subvention pour la transformation de la halte qui la dessert.



18 avril 1887
Conseil général de la Charente Inférieure
Proposition de M. Normand Dufié, ainsi conçue :
Le soussigné prie le Conseil général de vouloir bien renouveler les voeux suivants :
Déclaration d'utilité publique de la ligne de fer de Saint-Jean d'Angély à Civray par Aulnay, Chef-Boutonne et Lozay (?), demandée par MM. les Ingénieurs depuis le 31 janvier 1883.


En août 1888, le conseil général de la Charente Inférieure émet un voeu en faveur de la
prompte exécution de la ligne de fer de Saint-Jean d'Angély à Civray avec embranchement
sur Cognac par Matha. Et un voeu en faveur de l'établissement d'une marquise à la gare de Saint-Jean d'Angély.


Le 29 avril 1889, proposition de M. Louis Roy de Loulay, ainsi conçue :
Le conseiller général soussigné a l'honneur de prier le Conseil général de renouveler le voeu que la ligne de Saint-Jean d'Angély à Civray, avec embranchement sur Cognac par Matha, soit exécutée le plus promptement possible afin de donner satisfaction aux nombreuses populations que doit desservir cette ligne importante classée dans le tableau A de la loi de  1879.

Août 1891
Conseil général des Deux-Sèvres
Les études du tracé ont suivi trois directions : l'ancie tracé par La Villedieu, un nouveau tracé Par Néré, Saleignes et Aubigné, une variante par Néré, Villiers-Couture, Couture-d'Argenson et Paizay-Naudouin. La commission interdépartementale s'est réunie le 3 septembre à Saint-Jean-d'Y avec l'avis de maintenir le tracé par Aulnay et Chef-Boutonne tout en réservant sa décision pour la partie située entre deux.

Septembre 1891
Conseil général des Deux-Sèvres

Le conseil général accepte le déclassement de la voie de 1,44 m à 1 m (voie large en voie étroite). Il vote une subvention de 20.000 fr. par km. Il ne fait pas d'objection contre le passage par Néré si la ligne passe par Paizay-le-Chapt pour aller à Chef-Boutonne.
En 1891 la commission interdépartementale approuve ainsi le tracé entre Aulnay et Chef-Boutonne.




Etablissement des lignes
Conseil général des Deux-Sèvres en décembre 1891
Les lignes, seront à voie de 1m00 de largeur entre les bords intérieurs des rails.

La ligne est déclarée d'utilité publique par la loi du Lundi 28 mars 1893.
Lundi 28 mars 1893. Déclaration d'utilité publique du chemin de fer de Saint-Jean-d'Angély à Civray, par Aulnay. Approbation de la convention passée entre l'Etat et la Compagnie pour la concession définitive des lignes de Saint-Jean-d'Angély à un point à déterminer sur le chemin de fer de Marans à la ligne de Niort à la Rochelle, de Saint-Jean-d'Angély à Civray et de Saint-Jean-d'Angély à Cognac, par Matha.
Promulgation: Journal officiel du 30 mars 1893.

Avril 1893
Conseil général et préfet des Deux-Sèvres
Rapport des délibérations.
M. le Ministre des travaux publics m'a fait savoir, par une dépêche du 9 février dernier, que d'après les prévisions de la Compagnie concessionnaire, la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Civray sera livrée à l'exploitation au 30 avril 1896.
Par une délibération du 29 décembre 1891, vous avez pris l'engagement de fournir une subvention kilométrique de 10.000 fr. pour la partie située sur le territoire des Deux-Sèvres qui est de 42 kilomètres environ. D'après les renseignements que m'adresse M. le Ministre, cette subvention devra être payée de la façon suivante :
1° Le montant en sera versé directement entre les mains de la Compagnie des chemins de fer départementaux, qui se trouvera ainsi substituée aux droits de créance de l'Etat ;
2° Le versement sera effectué sans mise en demeure dans le mois qui suivra l'ouverture à l'exploitation de la section de la ligne située sur le territoire du département, au prorata du nombre de kilomètres exploités. En cas de retard, l'intérêt à 5 0/0 sera dû de plein droit par le département.
Je ne puis que vous prier de vouloir bien donner acte à M. le Ministre des indications ci-dessus en renouvelant le vote de principe que vous avez déjà émis. La condition que vous aviez formulée en ce qui concerne le tracé se trouvera remplie puisque/d'après l'article 4 de la loi qui vient d'être adoptée par les Chambres, la direction de la ligne est ainsi définie : « De Saint-Jean-d'Angély à Civray par Aulnay, en passant ensuite par ou près Néré et par ou près Paizay-le-Chapt et Chef-Boutonne ».
Quant aux mesures à prendre pour assurer en temps utile le versement de votre subvention, j'aurai l'honneur au mois d'août prochain de vous faire à ce sujet des propositions à l'occasion de l'établissement du budget de 1894.
Le texte de la loi relative à cette ligne est le suivant :
« Art. 1er. — Est incorporé dans le réseau d'intérêt général le chemin de fer d'intérêt local de Surgères à Cognac, dont l'établissement a été déclaré d'utilité publique par deux décrets du 5 avril 1873.
» Art. 2. — Il est pris acte de l'abandon des droits du département de la Charente-Inférieure sur la ligne de Surgères à Cognac, ainsi qu'il résulte de la délibération du Conseil général de ce département en date du 21 avril 1884.
» Art. 3. — Est déclaré d'utilité publique, à titre d'intérêt général, l'établissement du chemin de fer de Saint-Jean-d'Angély à Civray, par Aulnay et Chef-Boutonne.
» Art. 4. — Est approuvée la convention passée le 15 novembre 1892 entre le Ministre des travaux publics et la Compagnie des chemins de fer départementaux pour la concession définitive à cette Compagnie des chemins de fer d'intérêt général de Saint-Jean-d'Angély à un point à déterminer sur le chemin de fer de Marans à la ligne de Niort à La Rochelle, de Saint-Jean-d'Angély à Civray par Aulnay, en passant ensuite par ou près Néré et par ou près Paizay-le-Chapt et Chef-Boutonne, et de Saint-Jean-d'Angély à Cognac par Matha.
» Art. 5. — Aucune émission d'obligations ne pourra avoir lieu qu'en vertu d'une autorisation donnée par le Ministre des travaux publics, après avis du Ministre des finances.
» Art. 6. — Le capital de la Compagnie des chemins de fer départementaux ne pourra, sans autorisation préalable donnée par décret rendu en Conseil d'Etat être engagé directement ou indirectement dans une opération autre, que la construction ou l'exploitation des lignes qui lui sont concédées.
» Art. 7. — Le compte-rendu détaillé de l'exploitation sera remis, tous les trois mois, au ministère des travaux publics, pour être inséré au Journal officiel de la République française.
» Art. 8. — Il est pris acte :
» De l'offre faite par le département de la Charente-Inférieure, dans la délibération du Conseil général de ce département en date du 26 août 1892, de fournir à l'Etat, pour l'établissement des lignes énumérées à l'article 4 ci-dessus, une subvention de 20,000 fr. par kilomètre situé sur le territoire de ce département ;
» De l'offre faite par les départements des Deux-Sèvres et de la Charente, dans les délibérations des Conseils généraux de ces départements en date des 29 décembre 1891 et 1er septembre 1892, de fournir à l'Etat, pour l'établissement des mêmes lignes, une subvention de 10,000 fr. par kilomètre situé sur le territoire des dits départements ;
» De l'offre faite par le département de la Vienne, dans la délibération du Conseil général de ce département, en date du 29 août 1890, de fournir à l'Etat, pour l'établissement du chemin de fer de Saint-Jean-d'Angély à Civray, une subvention de 20,000 fr. par kilomètre situé sur le territoire du département.
« Art. 9. — L'enregistrement de la convention et du cahier des charges annexés à la présente loi ne donnera lieu qu'à la perception du droit fixe de 3 francs. »
 


15 mai 1893
Le conseil municipal de Sauzé-Vaussais est informé par le maire que des études définitives pour l’établissement du chemin de fer de Saint-Jean-d’Angely à Civray par Sauzé-Vaussais vont être entreprises par la compagnie concessionnaire (et maître d'oeuvre) de la ligne.
Le conseil municipal émet à l’unanimité le voeu qu’un tracé soit étudié au nord et au sud de Sauzé-Vaussais pour permettre la comparaison des deux tracés au double point de vue des intérêts généraux et locaux et prie M. le Préfet de vouloir bien transmettre
ce voeu au siège social de la Compagnie.



Lundi 30 mai 1893.
Autorisation au département de la Charente-Inférieure de contracter un emprunt et de s'imposer extraordihairement pour l'établissement de chemins de fer à voie étroite.



Virollet (entre Aulnay et Saint-Jean-d'Angély) : des carrières de sable et de pierre à chaux sont exploitées au XIXe puis au XXe siècle par des réfugiés italiens. Des fours à chaux qui fournissaient à la région la chaux utilisée pour la préparation de la bouillie bordelaise en traitement de la vigne et le blanchiment des murs des habitations s’y trouvent encore.




La halte de Néré est restée quasiment dans son jus.
La ligne de chemin de fer est parallèle est proche de la route départementale qui relie Néré à Aulnay.




Le réservoir d'eau en tôle a pris le train, ne subsiste que la colonne de calcaire.
Photo prise sur l'ancienne ligne.


Après Néré, la ligne se faufile entre Le Paradis et les Eduts (près Saleignes) avec un arrêt facultatif (les farceurs disent qu'on pouvait continuer ver l'Enfer).

Mais avant d'atteindre ce fameux Paradis, entre Néré et la halte de Saleignes, le train doit franchir une belle grimpette. Imaginons le haletement des locomotives et leurs superbes panaches de fumée !


Halte de Saleignes-Romazières à l'orée de la forêt d'Aulnay.
De là, belle promenade sous les arbres.



On peut circuler sur la ligne à pied, à vélo, à cheval et en voiture, jusqu'à Semoussais (79).
En bordure de forêt d'Aulnay. Pancarte de l'ONF.


1893 : Les conseils généraux acceptent que la largeur des voies soit réduite à 1 mètre.
 

Gare de Chef-Boutonne : se croisent deux lignes de chemin de fer (trait noir gras).

Le 3 août 1894 le ministre des travaux publics approuve le tracé définitif. Le concessionnaire est la compagnie des chemins de fer départementaux (CFD) en vertu de la loi du 28 mars 1893.

Départ de la ligne inversée à Saint-Jean-d'Angély : "La ligne part de l'axe du bâtiment des voyageurs de la station de Saint-Jean-d'Angély et forme tronc commun sur 2,202 km avec la ligne St-Jean-d'Y à Cognac, une station désignée Saint-Julien de l'Escap est projetée à la bifurcation.
De là le tracé se faufile vers Chef-Boutonne où il prend contact avec la ligne Niort-Ruffec  puis il aboutit à la station de Saint-Saviol, terminus de la ligne. 18 haltes sont prévues par la compagnie espacées en moyenne de 4,122 km. La longueur totale du tracé est de 74.208 km 65. (CG79 session août 1894.)


La Compagnie de Chemins de Fer Départementaux (CFD) fut créée en 1881 pour effectuer la construction et l’exploitation de lignes de chemins de fer. La Compagnie a construit et exploité au moins 3000 km de voies ferrées, "dont la majorité en France est en voie métrique".
La première ligne construite fut la ligne de Port Boulet à Chateaurenault (Indre et Loire). Le plus beau réseau construit fut sans nul doute celui de la Corse que l’on peut encore aujourd’hui emprunter, mais les lignes construites dans le Vivarais, la Lozère ou l’Ardèche étaient également très pittoresques.
La majorité de ces lignes furent fermées après la guerre de 1945 car elles avaient perdu toute rentabilité...


Niort, août 1894
Rapport de l'ingénieur en chef

Le contrôle des études de la ligne à voie d'un mètre de Saint-Jean-d'Angély à Civray
Cette ligne a été concédée définitivement à la Compagnie des Chemins de fer départementaux par la loi du 28 mars 1893.
La Compagnie a procédé aux études définitives et a présenté le projet de tracé à l'approbation de l'administration supérieure.
Tracé
Aux termes de l'article 4 de la loi du 28 mars 1893, la ligne doit passer par Aulnay, par ou près Néré, par ou près Paizay-le-Chapt et par Chef-Boutonne. Dans son ensemble, la Compagnie a suivi la direction fixée par la loi.
Le tracé présenté par la Compagnie a son origine à la station de Saint-Jean-d'Angély ; il passe à Saint-Julien-de l'Escap, Poursay-Garnaud, près de Pouzon, à Virollet, à Aulnay, à Villemorin, près de Néré, (près du Paradis) près de Saleignes, et entre dans le département des Deux-Sèvres après un parcours de 34 kil. 943 m. dans la Charente-Inférieure.
La ligne pénètre dans les Deux-Sèvres sur le territoire de la commune d'Aubigné ; le tracé passe entre cette commune et celle de Paizay-le-Chapt, se dirige sur Saint-Martin-d'Entraigues et aboutit à la station de Chef-Boutonne.
A partir de ce point et jusqu'à Saint-Saviol, le tracé est très direct ; il passe à Melleran, au sud de La Chapelle-Pouilloux, à Sauzé-Vaussais, à Limalonges et se termine à la station de Saint-Saviol.


On voit que le tracé s'intéresse à Saint-Martin-d'Entraigues, ce ne sera pas définitif...

Dans la traversée du département des Deux-Sèvres, la Compagnie a prévu les stations et haltes suivantes : Station de Paizay-le Chapt ; Halte de Saint-Martin-d'Entraigues ; Station de Chef-Boutonne ; Station de Melleran ; Halte de La Chapelle-Pouilloux ; Station de Sauzé-Vaussais ; Halte de Limalonges, et la station de Saint-Saviol, dans la Vienne.

Arrêt facultatif forestier de Fleury (d'Aubigné) à l'entrée des Deux-Sèvres.
Cette cabane érigée en parpaings de béton est entretenue religieusement par des gens de Fleury.


De nombreux graffitis ont fait halte dans cette cabane, ceux des enfants de Fleury (nous en connaissons : JLC par exemple ou Jean-Louis Millet qui a signé en clair...) et ceux des maquisards.
Cette halte était un point de rendez-vous pour les adolescents désoeuvrés. On y venait à pied, à vélo, sur sa mobylette, et on sortait le couteau... pour laisser sa trace dans la chaux. Quelle belle innocen
ce !

La ligne se courbe entre l'arrêt facultatif de Fleury et la halte de Paizay-le-Chapt (Semoussais).

Halte de Paizay-le-Chapt sur la route d'Aubigné près du village de Semoussais.

Le tracé de la Compagnie présentait primitivement une longueur de 74 kil. 208 m 65, que diverses variantes ont ramené à 72 kil. 541 m., dont 38 kil. 198 m. 53 dans le département des Deux-Sèvres.

Une de ces variantes comprise entre la station de Paizay-le-Chapt et Chef-Boutonne entraîne la suppression de la halte de Saint-Martin d'Entraigues, mais qui se rapproche de La Bataille, qui pourrait être desservie par une halte si les résultats de l'enquête le justifiaient.

Réclamations présentées.
Nous avons reçu un certain nombre de réclamations; elles ont été communiquées à la Compagnie des Chemins de fer départementaux, qui les a discutées dans son mémoire joint au projet; ce sont, en ce qui concerne le département des Deux-Sèvres :
1° Une délibération du Conseil municipal de la commune de Crézières, demandant que la station de Paizay-le-Chapt soit reportée sur le territoire de cette commune, au lieu dit La Pérotière ;
2° Une délibération du Conseil municipal de la commune de Saint-Martin-d'Entraigues, pour l'établissement d'une halte au moulin du Rhy et devant desservir cette commune ;
3° Des délibérations des Conseils municipaux des communes de Loubigné, de La Bataille et de Crézières, tendant à l'établissement d'une halte à La Bataille ;
4° Des délibérations des Conseils municipaux des communes de Melleran, Loizé et Ardilleux, demandant l'établissement d'une halte à Mandegault ;
5° Des délibérations des Conseils municipaux des communes de Melleran, Pioussay (1) et La Chapelle-Pouilloux, demandant que la station de Melleran soit placée près du chemin de Melleran à Vieille-Ville ;
6° Une pétition des habitants de la commune de Montalembert, demandant qu'une station soit prévue à Limalonges, au lieu d'une halte.
Cette réclamation nous a été communiquée après l'envoi du rapport sur l'examen du projet de la ligne.
Toutes ces réclamations se rapportent aux stations et haltes et ne pourront être examinées définitivement qu'à la suite de l'enquête spéciale.
En résumé, les propositions soumises à l'administration pour cette ligne ont pour objet :
1° D'approuver le projet de la Compagnie en adoptant les variantes qu'elle a étudiées ;
De mettre aux enquêtes les stations et haltes projetées par la Compagnie, excepté la halte de Saint Martin-d'Entraigues.

(1) Les conseils municipaux des communes des environs ont donc eu leur mot à dire. Par exemple sur l'emplacement des stations.
A Pioussay on souhaite en 1894 à l'unanimité que la future halte de Melleran soit implantée "entre le chemin de Melleran (partant du communal du Grand-Chemin) allant à Vieilleville, à droite, et le même chemin de Melleran aux Grolles, à gauche".
 


A Crézières l'arrêt est facultatif... La commune aurait aimé s'approprier la halte de Paizay-le-Chapt mais la requête n'a pas été concluante...


Le pont entre le bourg de La Bataille et le village de La Varenne s'exhibe fièrement même si son tablier de fer est tout percé. La route s'enfonce sous la voie de chemin de fer entre les arbres.


Halte de La Bataille (Un siècle de chemin de fer à Chef-Boutonne, association CAIL).


 


L’écartement de la voie était donc de 1 mètre, ce qui empêchait de transférer les wagons sur les voies du Niort-Ruffec ou du Paris-Bordeaux (écartement standard de 1,44 mètre).
 



La halte de Melleran a fière allure.
 
1894 : lancement des enquêtes parcellaires et début des travaux qui dureront trois ans.
Pendant ce temps à Sauzé-Vaussais


Train à vapeur des Cévennes par Gaerseille

15 août 1894
Le maire de Sauzé-Vaussais soumet à l’examen du conseil municipal le dossier relatif à l’emplacement proposé par la compagnie des chemins de fer départementaux pour l’établissement d’une gare à Sauzé-Vaussais. Cette compagnie a choisi un terrain situé à 600 mètres de la mairie centre de la ville à l’extrémité sud est des jardins du faubourg de la Chauvinière, à 900 mètres de l’entrée ouest du bourg. Le conseil municipal après examen de toutes les pièces de l’affaire, délibérant :
Attendu que dans la détermination de l’emplacement d’une gare, les compagnies n’ont d’autres intérêts directs que ceux de leurs actionnaires, lesquels peuvent être en opposition avec ceux de la population ;
Attendu que l’emplacement proposé par la compagnie des chemins de fer départementaux pour la gare de Sauzé-Vaussais est tout à fait excentrique, d’un accès difficile devant être desservie par une seule voie d’accession qui aboutit sur la route de Ruffec, seul débouché de la gare projetée considérant que cette situation causerait un préjudice irréparable à toute une portion de la ville sans apporter pour cela d’éléments nouveaux de prospérité à celle qui en serait la plus rapprochée ;
Considérant que l’accès de cette gare serait en raison de l’encombrement impossible aux bestiaux et aux voitures les jours de foire et de marchés très nombreux à Sauzé-Vaussais;
Considérant d’autre part aussi que si la gare de Sauzé Vaussais était rapprochée du centre de la ville et placée à égale distance de la route n° 4 bis de Sauzé à Ruffec et du chemin vicinal ordinaire n°3 de Sauzé à Vaussais, tous les intérêts en cause seraient sauvegardés;
Attendu que la chose est possible et par suite, qu’elle ne saurait être empêchée par ce fait que la seule dépense pourrait en être légèrement augmentée ;
A l’unanimité, demande aux instances que la gare de Sauzé-Vaussais soit placée dans le
lieu dit «le cimetière des huguenots» 1ère section F du plan, cadastral de la commune
à égale distance de la route de Ruffec et du chemin de Sauzé à Vaussais déjà cités. Demande également que la dite gare soit desservie par une voie d’accession parallèle au chemin de fer s’étendant du chemin vicinal ordinaire n°3 de Sauzé à Vaussais au chemin n°4bis de Sauzé à Ruffec ce qui éviterait complètement toutes difficultés de circulation et attendu que cette décision concilient tous les intérêts en cause.
 




 
L'heure n'était pas encore à la fête...

31 août 1894
Le maire de Sauzé-Vaussais expose au conseil municipal que la commission d’enquête chargée de donner son avis sur l’emplacement de la gare projetée de Sauzé-Vaussais, s’est réunie à la sous-préfecture le 25 courant et a donné un avis favorable aux propositions de la compagnie tout en regrettant de ne pouvoir donner satisfaction aux désirs du conseil municipal parce que
les ingénieurs déclarent très difficile et très coûteux l’exécution du projet demandé par le
conseil municipal. M. Le maire n’a pas donné son adhésion à ces résolutions et a fait toutes ses réserves à ce sujet.
Le conseil délibérant, à l’unanimité, déclare approuver complètement les déclarations de M. le maire et les réserves qu’il a formulé devant la commission d’enquête, dit au nom de la population de la commune dont seul il est l’organe et au nom d’un grand nombre de communes du canton dont il est l’écho : "qu’il est nécessaire de placer la station de Sauzé-Vaussais dans les terrains Lebrun Maguay pour conserver les intérêts acquis et pour qu’une voie d’accès indispensable à la circulation les jours de foire, ainsi que la chose a été encore démontrée matériellement hier, puisse être menée de la route de Chef-Boutonne à la dite gare sans allongement de parcours, c’est-à-dire à égale distance au moins des routes de Sauzé à Vaussais et de Sauzé à Ruffec.
C’est pourquoi le conseil municipal se permet d’insister avec toute la déférence possible près
de M. le Préfet pour que ce magistrat se fasse l’organe de ses réclamations près du ministre des travaux publics, car le conseil municipal ne pourrait accepter une solution contraire à tous les intérêts et aux voeux de ses commettants."







27 mai 1896
Les détails...
Le maire de Sauzé-Vaussais donne lecture au conseil municipal d’une lettre de M. le sous-préfet de Melle en date du 27 mars 1896. Ce fonctionnaire informe le conseil municipal que la demande d’une barrière faite par sa délibération du 14 février dernier au passage à niveau établi par la compagnie des chemins de fer départementaux sur le chemin n°4bis de Sauzé à Ruffec a été accueillie ; mais qu’en ce qui concerne la barrière avec gardiennage demandée au passage à niveau du chemin de la grande communication n°1 de Sauzé-Vaussais à Chef-Boutonne, messieurs les ingénieurs du contrôle en raison du peu de fréquentation de cette route et de la grande distance à laquelle on peut apercevoir les trains, n’ont pas cru devoir la proposer à l’administration supérieure, se réservant de la faire plus tard si le besoin s’en fait ressentir.

 
 


L'ancienne halte de Limalonges (79).


Cette ligne fut ouverte à l’exploitation (et inaugurée - inauguration groupée - à Cognac) le 4 octobre 1896 et ce, jusqu’au 31 décembre 1950 (40 trains y circulaient par jour en 1913). La Compagnie des chemins de fers départementaux en est concessionnaire et maitre d'oeuvre.



Le ministre inaugure "groupé"...
 

Cognac : en face de cette gare devenue gare du réseau de l'État en 1878, s'installe la Compagnie de chemins de fer départementaux (CFD) en 1896 qui exploite la ligne Cognac - Saint-Jean-d'Angély sur le réseau des Charentes et Deux Sèvres construit à voie métrique, avec en Charente les gares de Cognac-Saint-Jacques, Cherves et Saint-Sulpice. Le matériel moteur est fourni par les établissements Cail puis des autorails Billard série A80D. La ligne ferme en 1950.

À l'époque, la Compagnie de Chemins de Fer Départementaux, dont le siège social se trouvait à Paris, exploitait sur le « Réseau des Charentes et des Deux-Sèvres » cinq lignes d'intérêt général : Saint-Jean d'Angély à Surgères, Saint-Jean à Aulnay, Chef-Boutonne et Saint-Saviol, Saint-Jean à Matha, Burie et Cognac, Burie à Saintes; Ferrières à Épannes. Ainsi qu’une ligne d'intérêt local : Angoulême à Matha. Ses trains circulaient sur 293 km de voies étroites entre la Charente-Inférieure, la Charente et les Deux-Sèvres.

En 1896, Romazières (près de Néré en Charente-Maritime) est desservie par la voie ferrée Saint-Jean-d'Angély-Chef-Boutonne-Saint-Saviol. Ses habitants prennent le train à la petite gare intercommunale de Saleignes-Romazières. Pendant un demi siècle, cette petite gare rurale désenclavera la commune jusqu'à sa fermeture à la fin de l'année 1950.



Le garage forestier de Fleury (Aubigné) est un arrêt facultatif à l'orée de la Charente-Maritime.

En 1896, Romazières (près de Néré en Charente-Maritime) est desservie par la voie ferrée Saint-Jean-d'Angély-Chef-Boutonne-Saint-Saviol. Ses habitants prennent le train à la petite gare intercommunale de Saleignes-Romazières (1ère halte en Charente-Maritime après Fleury).
Pendant un demi siècle, cette petite gare rurale désenclavera la commune jusqu'à sa fermeture à la fin de l'année 1950.


Souci avec les horaires
Décembre 1896
Le Conseil général,
Considérant que la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Saint-Saviol ne dessert que d'une façon incomplète la partie sud du département des Deux-Sèvres en vue duquel elle reçoit une subvention départementale ;
Considérant que Melle, le chef-lieu d'arrondissement, ne peut communiquer que par le train du matin avec la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Saint-Saviol ;
Considérant qu'il n'est pas possible de revenir à Melle par le train du soir ;
Considérant qu'il y a intérêt pour la Compagnie même à modifier son horaire de manière à donner satisfaction aux localités dont les foires très importantes de Sauzé, de Chef-Boutonne et même d'Aulnay seront pour elle une source de réels bénéfices,
Emet le voeu que l'horaire établi pour la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Saint-Saviol soit modifié de manière qu'il y ait concordance entre les trains du matin et ceux du soir, tout au moins avec ceux de la ligne de l'Etat au croisement de Chef-Boutonne.
 

12 août 1897

Le conseil municipal de Sauzé-Vaussais demande à l’unanimité qu’il soit donné par la compagnie des chemins de fer départementaux satisfaction à une pétition signée par un grand nombre de commerçants de la localité demandant l’établissement d’une voie de garage de plus avec plaque tournante et l’installation d’une grue stable à la gare de Sauzé-Vaussais pour le chargement des marchandises.
De même le conseil municipal unanime, émet le voeu que l’horaire des trains de la dite compagnie des chemins de fer soit modifié de façon que quelques uns des trains au moins soient en correspondance avec les trains de la compagnie d’Orléans à la station de Saint-Saviol.





Itinéraire
En Charente-Maritime
Saint-Jean-d’Angély (terminus)
Saint-Julien de l'Escap (halte)
Poursay-Garnaud (halte)
Vervant-les-Eglises-d'Argenteuil (halte)
Pouzou-Nouaillé (halte)
Paillé-Virolet (halte)
Aulnay - station (arrivée-départ)
Vilemorin-Contré (halte)
Néré - station
Le Paradis (arrêt facultatif)
Saleignes-Romazières
En Deux-Sèvres
Garage forestier de Fleury (commune d'Aubigné) arrêt facultatif
Paizay-le-Chapt-Aubigné (halte)
Crézières (arrêt facultatif)
La Bataille (halte)
Chef-Boutonne station (arrivée-départ)
Mandegaud (arrêt facultatif)
Melleran (halte)
La Chapelle-Pouilloux-Lorigné (halte)
Sauzé-Vaussais (station)
Limalonges (halte)
En Vienne
Saint-Saviol (terminus)

Horaires



De Chef-Boutonne, il fallait 2 heures et 3 minutes pour aller à Saint-Jean-d’Angély, soit 48,4 km à la vitesse de 25 km par heure en moyenne,
De Chef-Boutonne, il fallait 53 minutes pour rallier Saint-Saviol, soit 24,2 km à la même vitesse.

Locomotive CAIL 130 T n°77 au musée des transports de Pithiviers.
 
Les locomotives étaient des Couillet 030 et Cail 130T n°2 de 1889. Mais aussi une Fives-Lille 130T de 1891, une 030T SACM et deux Decauville 130T. Puis des diesel.

L'inauguration eut lieu le 4 octobre 1896.

Technique (un peu)
Rails Vignole en acier de 20 kg par mètre, barres de 8 m, ballast de 35 cm d'épais.
Vitesse moyenne 25 km/h.

Témoignages
La commune de Crézières était traversée par une ligne de la Compagnie de chemins de fer départementaux, un arrêt facultatif était prévu, il fallait pour cela faire signe au mécanicien ; la commune de Crézières était desservie par la ligne Saint-Jean-d'Angely à Chef-Boutonne et Saint-Saviol.

12 avril 1899
Souci de correspondance
Le Conseil général,
Considérant que les localités situées sur la ligne de Niort à Saint-Jean-d'Angély, qui sont très bien desservies par les trois trains du matin allant dans la direction Niort-Saintes, ne le sont que très imparfaitement par le seul train n° 46, dans la direction Saintes-Niort ;
Que les voyageurs arrivant à Niort à 9 heures 29 par ce train 46, ont trop peu de temps jusqu'à 11 heures 30, heure de départ du train 83 et sont obligés d'attendre les trains du soir ;
Que, d'un autre côté, il leur est impossible de prendre à Niort les trains du matin allant clans les autres directions, notamment sur La Rochelle et Poitiers,
Emet le voeu qu'il soit créé le matin entre Saintes et Niort un train arrivant à Niort vers 7 heures 30. Ce train pourrait être formé sans dépense nouvelle, en modifiant la marche d'un des trains de marchandises partant de Saintes, auquel on ajouterait des wagons de voyageurs.


Août 1899
Conseil général des Deux-Sèvres
Chemins de Fer, service du contrôle

Rapport des ingénieurs
L'arrondissement de l'inspection générale du réseau de l'Etat qui nous est confié comprend, dans le département des Deux-Sèvres, le chemin de fer d'intérêt général à voie étroite de Saint-Jean-d'Angély à Civray, concédé à la Compagnie des Chemins de fer départementaux par la loi du 28 mars 1893 et ouvert à l'exploitation le 4 octobre 1896.
La partie de la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Civray, sur le territoire du département des Deux-Sèvres, s'étend sur une longueur de 38 kilomètres 211 mètres 50, comprise entre les limites des départements de la Charente-Inférieure et de la Vienne.
Cette ligne est en gare commune à Chef-Boutonne, avec les chemins de fer de l'Etat.
Entretien de la voie et de ses dépendances.
Les terrassements sont dans une situation satisfaisante.
La voie de cette ligne se maintient toujours dans de bonnes conditions de viabilité.
Les ouvrages d'art sont en bon état.
Les bâtiments et leurs dépendances dans les gares, stations, haltes et passages à niveau sont en bon état d'entretien. Les barrières fonctionnent convenablement. Signaux, aiguilles, plaques tournantes, etc. Tous ces appareils sont généralement bien entretenus et fonctionnent convenablement.
Paris, le 17 juin 1899

Ligne de Saint-Jean-d'Angély à Civray
Cette ligne, dont les travaux sont terminés, est ouverte à l'exploitation depuis le 4 octobre 1896. Les formalités de remise aux intéressés des chemins latéraux ou dérivés sont sur le point d'être terminées. La Compagnie s'est préoccupée des opérations de bornage de cette ligne.
Nous avons examiné les comptes d'établissement présentés par la Compagnie concessionnaire pour les années 1893,1894,1895,1896 et 1897.

La bonne mesure en 1901
Le litige pendant entre les départements des Deux-Sèvres et de la Vienne au sujet du payement respectif des subventions kilométriques a fait l'objet d'un rapport en date du 29 décembre 1900.
Ce rapport conclut à ce que la longueur de la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Civray, située dans le département des Deux-Sèvres, est de 4 m 10 inférieure à celle portée au procès-verbal de chaînage. Il en résulte que la Compagnie C F D. doit rembourser au département des Deux-Sèvres la subvention correspondant à cette différence.
 



Pas facile de bien s'aiguiller à Chef-Boutonne avec ces deux lignes de chemin de fer qui se croisent ; comme une paire de sabots de pointure différente, hein Arnest ?


 


De fréquents accidents coutaient parfois la vie aux personnes, et souvent aux animaux. Pour les animaux on pouvait faire confiance aux équarisseurs...




Pas de souci puisque depuis 1927...



En cas de doute on peut tester avec la concurrence...




Ca sent le sapin...


 




 


 

De la station de Saint-Saviol à Savigné et Lussac-les-Châteaux.
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Connaissez-vous l'association CAIL de Chef-Boutonne ?

Bon voyage en train à vapeur avec la 130 CAIL

http://www.trains-fr.org/facs/lignes.htm





 
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