Le calme après la tempête

En 1999

 

En 2009

L'ouragan de 1935 (L’illustration n° 4800 du 2 mars 1935.)
« Une tempête d'une violence inouïe s'est déchaînée le 22 février sur la France. Elle a duré plusieurs jours, causant d’importants dégâts dans de nombreuses régions. Le vent a atteint par endroit la vitesse de 100 kilomètres à l'heure, emportant les toitures, déracinant les arbres, faisant des victimes. Les trains ont été considérablement retardés, les signaux et les poteaux télégraphiques encombrant les voies de leurs débris. A Bordeaux, où se sont fait sentir ses premiers effets, beaucoup d’arbres ont été déracinés, d'innombrables toitures ont été endommagées ; la ville a même été pendant plusieurs heures privée de toutes communications téléphoniques et télégraphiques. Dans la région de Rochefort, des bateaux de pêche ont coulé. A La Rochelle, les arbres du mail ont été abattus, de nombreuses maisons endommagées ; à la Pallice, l'eau soulevée par la force du vent a arraché la porte d'une écluse, et seules ses chaînes l'ont empêchée d'être emportée. Dans la région de Brive, des hangars et des granges se sont écroulés. En Indre-et-Loire, un cultivateur a été tué par la chute d'un arbre. A Reims, une vieille femme, renversée par la violence du vent est morte sur le coup.
En Haute-Savoie, une jeune femme a été tuée par la chute d'une cheminée et un homme par celle de la toiture de sa maison. Paris n’a pas été épargné par la tempête bien qu'ayant beaucoup moins souffert : dans les squares, des arbres ont été déracinés, des cheminées se sont abattues et le niveau de la Seine est monté sensiblement.

En Charente
Raix n’a pas été épargné par cet ouragan. La commune et notamment le champ de foire aux bœufs ont rudement souffert. Sept des huit noyers plantés sur ce dernier ont été soufflés. D’ailleurs, monsieur Courtioux de la Groge, bénéficiaire du contrat de placier sur les champs de foire de Raix, dénonça son contrat au mois de janvier suivant. Sa première argumentation est bien évidemment la baisse de fréquentation des foires, mais aussi le manque à gagner sur la récolte de noix provenant des noyers avant qu’ils soient arrachés. A cet instant, les noyers avaient encore quelque importance. Cet ouragan et ses tristes conséquences ont accéléré probablement la décision de supprimer les foires.
Le souvenir de cette tempête n’est pas encore effacé. Nombreux sont ceux qui se souviennent encore, même ceux qui étaient alors en Charente Limousine ou en Charente Maritime. Les tempêtes sont courantes dans notre région, en juillet 1982, notamment, mais celle de février 1935, sortait tout de même de l’ordinaire.

En Deux-Sèvres (Echo poitevin, samedi 2 mars 1935.)
La tempête dans notre région
La violente tempête de la nuit de vendredi 22 à samedi 23 février, qui a fait de si grands ravages dans tout le Sud-Ouest, n'a pas épargné non plus notre région.
Des dégâts très importants ont été constatés un peu partout sur les immeubles, dont les tuiles et ardoises étaient emportées sans compter la détérioration des travaux de zinguerie et des toitures.
Une quantité considérable d'arbres de toutes sortes ont été arrachés. Les lignes téléphoniques et électriques ont été coupées en quantité d'endroits.
Les vieilles personnes de la région ne se rappellent pas avoir vu une tempête aussi violente. A la campagne, les arbres déracinés, en particulier les pommiers et noyers, se comptent par centaines.
Dans le canton de Chef-Boutonne, à Bouin, un gigantesque tilleul, plusieurs fois centenaire, qui ornait de son imposante ramure la place de l'église et était l'orgueil du village, à été déraciné comme un roseau. Des meules de paille ont été renversées et emportées comme des fétus.
A Chef-Boutonne, de nombreux arbres de l'avenue de Javarzay et du parc de l'hôtel de ville ont été déracinés. Au château de Javarzay, les arbres de l'entrée du parc sont également abattus. C'est un spectacle lamentable. Comme ailleurs, les toitures ont beaucoup souffert, et de nombreuses cheminées ont été renversées.
M. Christian, notre aimable et dévoué chef de secteur, mérite, ainsi que ses aides, nos félicitations pour avoir réussi, malgré les difficultés que l'on devine, à donner la lumière dés dimanche soir à Chef-Boutonne.


A Sauzé-Vaussais, les dégâts ont été particulièrement importants. La toiture du marché couvert a été emportée et la charpente en partie détruite ; l'église de Vaussais a également beaucoup souffert, ainsi que l'école des filles. Rue de la poste, un arbre vert s'est abattu sur le pignon de la maison Boubien, causant des dégâts importants à la charpente.
A Celles, l'église a été découverte en certains endroits et une partie d'un cadran de l'horloge du clocher est tombée.
Tous les bâtiments situés en plein air et surtout vers le quartier de la gare ont eu des avaries.
Enfin, le spectacle est hélas ! Le même dans toute la région.



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