La seigneurerie de Villeneuve

Ville Neuve est un nom que l’on donnait aux nouveaux lieux d’habitation lors de défrichement et de migration de population de la région. Ce lieu sans habitation se voyait rempli d’un seul coup par les habitants de la région. Cette période se situe environ du XIe au XIIIe siècle sans que l’on puisse préciser une date pour Villeneuve.

Le logis se sirue en haut et à gauche de cetet carte.

Lu dans le Mellois du 6 juin 1906, extrait. .
"Villeneuve est sans contredit le plus gai village du canton de Chef-Boutonne. Situé au point extrême du département des Deux-Sèvres, sur les confins de la Charente, les riants coteaux qui l'entourent étaient jadis tout recouverts de vignes, donnant un vin clairet exquis..."
Une toute petite partie au sud du village appartient à Paizay-Naudouin (16).

Un logis, toujours existant, fut construit à l'ouest du village. Cette seigneurie qui appartint aux de Beauchamp et de Martel fut vendue comme bien national parce que son propriétaire avait émigré à la révolution.

Plan du logis de Villeneuve en 1826.

Description du logis faite en 1794 (le 25 Brumaire An III ou 15 novembre 1794) lors de la vente comme bien national : "La maison de Villeneuve, consistant en terre labourable, prés, bois futaies, bois taillis, vigne, jardin, parterre, entre cour et bâtiment qui consistent en cinq appartements bas, savoir une salle, salon, office, cuisine, une petite chambre et un corridor, un escalier qui conduit dans les appartements hauts, où il y a, à la première volée de l’escalier, deux chambres hautes qui sont dessus un cellier et deux petites chambres sans cheminées, qui ouvrent dans la cour, à la seconde volée dudit escalier, il y a cinq chambres hautes et grenier dessus, les deux premières chambres hautes, un chai ou pressoir, un toit, une grande et petite portes qui ouvre(ent) dans le bois futaie, à côté est un four, fournioux, bûcher, toits, remise, deux grands chais, grenier par-dessus ; à côté est la porte du jardin, trois écuries et une grange ; à côté est une grande et petite porte d’entrée dans la cour, dans laquelle il y a un puits couvert de mauvaises planches, auquel il y a un tour pour puiser l’eau ; ladite cour, bâtiment et jardin parterre, dans lequel il y a un petit bâtiment appelé l’orangerie... "

Plan actuel.

Le logis actuel dont les bâtiments, en brun, sont d'époque même si refaits, se situe en haut et à gauche.
Dessous, en orange, cette partie est une construction nouvelle du XIXe siécle.
Un puits a été creusé dans cette nouvelle partie.

La partie sud du logis, parallèle à la route de Villeneuve, qui comportait une belle charpente, a brûlé dernièrement et a été réparée. Au fond, le mur ancien, de gros appareil, témoigne de l'ancienneté des lieux. A gauche, ce bâtiment a été ajouté bien après la révolution (le logis a été cédé à deux propriétaires, celui de la partie sud a fait ériger un nouveau bâtiment qui sépare la cour.


Facade nord de l'ancien logis de Villeneuve.


Lire la suite de façon détaillée en page "vente logis de Villeneuve".

Vente du logis en 1794

"Le directoire a adjugé au citoyen Louis Gaspard Averti, imprimeur à Niort comme dernier enchérisseur, les biens désignés en l’affiche & au présent procès-verbal, pour le prix et somme de soixante trois mille livres aux clauses, charges & conditions portées au dit procès-verbal & prescrites par les lois, que le dit citoyen averti a déclaré bien connaître, & a signé avec nous."

Le logis a appartenu par la suite aux familles Flatreaux, Brunet, Dumontet (les deus derniers étaient notaires à Sauzé-Vaussais). jacques Flatreaux était l'époux de Marie Brunet (leur fils Valentin est décdé en 1898).
 


1780 Villeneuve
Bail passé entre René Rolland de Martel et Jacques Legereau

Pardevant le notaire royal du marquisat de Ruffec en angoumois soussignés, furent présent : M. René Rolland de Martel chevalier de l’ordre royal et militaire de saint Louis, ancien capitaine des vaisseaux du Roy, seigneur de la terre et seigneurie de Villeneuve et autres lieux, et demeurant en son logis de Villeneuve paroisse de Pioussay ; lequel à cejourd’hui cédé, quitté, délaissé et transporté à titre de rente seconde avec promesse de bon et loyale et perpétuel garantie de tous troubles hypothèques, évictions et autres empêchements, généralement quelconque, à Jacques Legereau domestique dudit seigneur de Martel y demeurant sus dit paroisse aussi pour ce présent établi, stipulant et acceptant pour lui et les siens ayant droit ou causes à l’avenir et a perpétuité.
C’est à savoir une pièce de terre labourable appelée la Vallée a Caillaud contenant une boisselée (1) et demie ou environ, touchant d’une part du levant aux terres de Jean Menard, d’autre du midi aux autres terres du dit seigneur de Martel, du couchant à celle de Pierre Terrasson et du nord à celle de Pierre Vezinat ; sujet le dit morceau de terre au droit de terrage au sept des fruits (2) et quelques deniers de cent envers la seigneurie de la Motte d’Enville (3) dont elle relève, lesquels devoirs le dit Legereau les acquittera à l’avenir à commencer au terme prochain.
Tant aux deniers de cent, les arrérages en seront payés par le seigneur bailleur à rente, s’il en est dû.
Le présent bail à rente faite à la charge par le dit preneur à rente [-----] et payée chaque année au dit seigneur bailleur à rente au terme de saint Michel, deux chapons, beaux et francs chapons de rente foncière annuelle et perpétuelle à commencer pour le premier paiement à la fête de saint Michel prochaine et est entendu que le preneur ensemencera dès à présent la sus dite pièce de terre et continuera ainsi d’année en année au dit terme l’an et si longtemps qu’il sera propriétaire possesseur et détenteur du dit objet ; lequel s’oblige de bien cultiver et entretenir en état de supporter la dite rente et autres devoirs sus exprimés.
Et par les mêmes présentes le dit seigneur de Martel à donné à titre de nouvelle baillette (4) au preneur de garantie tout de fait que de droit au dit Jacques Legereau stipulant et acceptant pour lui et les siens ayant droit ou causes à l’avenir, une autre pièce de terre labourable contenant environ une boisselée et demie, située au lieu appelé les Treizaines en la dite paroisse de Pioussay et touchant du coté de levant au chemin qui conduit de Villeneuve à Pioussay à main gauche, du couchant à la terre de Louise Miaud, et du midi à la terre de Louis Menard ; la dite pièce de terre formant une ençoinssonnée et laquelle est évaluée quinze livres.
La présente nouvelle baillette à été faite à la charge par le dit Legereau de labourer et bien guéréter la dite pièce de terre et de donner et payer chaque année en sainfoin de récolte au dit seigneur bailleur le droit de terrage noble et féodal et foncier, rendu dans la grange du dit seigneur baillée en son logis de Villeneuve, à la huitième partie des fruits croissants dans la dite pièce et de continuer ainsi à l’avenir pendant tout le temps que le dit Legereau soit propriétaire de celle-ci et sans pouvoir en changer le seul devoir pour quelque raison que ce soit, et à défaut de culture, le seigneur bailleur après quatre années expirés, rentré et se mettre en possession de la dite pièce de terre sans aucune formalité de justice.
En vertu des conditions des présentes le dit seigneur bailleur s’est démi, dévêtu, et dessaisi de la propriété sus dite deux pièces de terre et en a vêtu et saisi le dit Legereau par la tradition des présentes, pour et par lui et les siens en jouir et faire et disposer dès ce jour et à perpétuité comme de son propre bien, domaine et loyal acquis, tout ainsi que le dit seigneur De Martel aurait pu [---] ces présentes.
Tout ce que dessus à par les dites parties été voulus, consenti et stipulé et accepté ; pour l’entretien, elles ont obligé et hypothéqué tous leurs biens présents et futurs et dont de leur consentement volonté et requète, elles ont été jugées et condamnées par nous dits notaires.
Fait et passé au dit logis de Villeneuve après midi le dix sept mars mil sept cent quatre vingt et seront les frais des présentes, payés par le dit Legereau qui en fournira grosse (6) au dit seigneur bailleur en parchemin et duement lu, le dit Legereau a déclaré ne savoir signer, de ce enquis.
La minute des présentes est signée de Martel, Couturier et Bouquet notaires royal à Ruffec, contrôlé et insinué au centième à Villefagnan le vingt deux mars 1780 et reçu deux livres deux sols.
Signé Caron

Bouquet notaire royal
( en marge est écrit) :  J’ai reçu de l’acquéreur dénommé en présence de [___] les droits de lot qui ne sont dus pour raison de la pièce de terre mouvante  [__] terre en seigneurie de la Ferté Motte d’Enville dont quitte sans préjudice [---] droit à la Ferté, ce vingt trois février mil sept cent quatre vingt : la Marquise de Goullard.

Notes
1. Une boisselée
 : valait 15 ares dans le sud Deux-Sèvres(Chef-Boutonne) et variait selon les marquisats.
2. Terrage au sept des fruits : droit seigneurial le septième des récoltes.
3. La Motte d’Enville  (seigneurie de La Ferté de Villefagnan).
4. Baillettes : terre donnée par un noble à son fermier, contrat entre le propriétaire et le fermier.
6. Grosse :exemplaire du bail écrit en grosses lettres facile à lire.
7. Au centième : droit de mutation établi en 1703 sur les transaction (impôts).



 




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