Revenus du curé

Premier ordre du royaume, le Clergé occupe sous l’Ancien Régime, une position privilégiée.
Les ecclésiastiques sont dispensés du service militaire (milice, guet...) et du paiement des impôts sauf des décimes à l’évêché.
Les curés sont titulaires d'une paroisse où ils sont nommés par l'évêque, ou des collateurs (ecclésiastiques ou laïques).
Certains curés, suivant un système proche de celui de la commende, ont une paroisse sans en avoir la charge spirituelle.

Revenu
La dîme ou impôt correspondant, en principe à un dixième des récoltes prélevé par l'Eglise pour assurer l'entretien des édifices et la subsistance des ecclésiastiques.

  • Les grosses dîmes se percevaient sur les fruits qui formaient le revenu le plus considérable d’une paroisse comme les froment, seigle, orge, avoine, vin, etc.
  • Les dîmes vertes et menues se percevaient sur les pois, fèves, lentilles, sainfoin selon le cas, lin, chanvre, etc.
  • Les dîmes de charnage sur les cochons, agneaux, veaux, poulets, etc.
  • Les dîmes novales se percevaient ou sur des terres nouvellement défrichées et qui ne l’avaient pas été anciennement, ou sur des terres anciennement défrichées mais nouvellement chargées de fruit.
L'Angoumois moins gourmand que le Poitou
Avec l’arrivée du sainfoin à la fin du XVIIe siècle en Angoumois et à Villefagnan, au XVIIIe dans le Poitou, l’élevage subit une embellie, même si la qualité globale des chevaux semble diminuer. Notons du sainfoin que le Poitou l’inclut dans la liste des productions « dîmables » au titre de la « verte dîme », contrairement à l’Angoumois. Ainsi, à Villefagnan, un procès sur la dîme du sainfoin durera cinquante ans. Il en sera de même dans bien des régions de France.

En cas de portion congrue
La part la plus importante est la "portion congrue" : redevance payée par les décimateurs (celui qui perçoit les dîmes d’une paroisse) aux prêtres qui remplissent les tâches pastorales (messes, baptêmes, mariages, sépultures). Ces actes pastoraux sont réglés par les paroissiens, selon un tarif diocésain et cela s’appelle le revenu "casuel" parce que le paiement s’effectue cas par cas, et de ce fait demeure incertain et variable.
Au XVllle siècle, les évêques, les chapitres, les abbayes ont confisqué à leur profit la plus grande partie des dîmes. Ces dîmes, autrefois destinées à l’assistance des pauvres, à l’entretien de l’église paroissiale et à la subsistance du desservant, vont alors dans les bénéfices des grands ecclésiastiques. Ils ne laissent aux curés que la "portion congrue" (c’est à dire "convenable") : 300 livres depuis le 29 janvier 1686.

Impôts écclésisatiques
Ce sont pour les curés,
les décimes reversés à l’évêque. Les décimes : impôt perçu par le clergé sur l'ensemble de ses membres et destiné au paiement des charges du clergé. Le montant global est fixé par l'assemblée du clergé et réparti par le bureau des décimes. La perception est assurée par les receveurs diocésains et le receveur général du clergé. Les contentieux sont jugés en appel par la chambre supérieure des décimes.

Le curé gérant et garant des biens de l'église
Le curé, qui représente l'église et son saint patron, s'occupe d'acheter et de vendre au nom de l'église paroissiale. Outre le sanctuaire, les objets de culte, la maison du curé et ses dépendances rurales, la fortune de l'église consiste essentiellement en terres. Elle s'accroît surtout par des donations. L'église a aussi un revenu sur des fondations pieuses comme les anniversaires ou les rentes perpétuelles, sur le casuel - des offrandes par exemple - et parfois aussi sur des reliquats des dîmes ou des prémices. Ces revenus servent aux frais de culte, à l'entretien du curé et quelquefois aux actions caritatives.
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