Résistance et Maquis

Aucune commune n’échappe aux affres de la seconde guerre mondiale. La résistance et ses Maquis ont eu une action probante sur l’issue de cette guerre. Mais pas sans l’immense courage des martyrs et des héros.

Les Résistants et les Maquis ont été bien plus actifs que certains le disent. La seconde guerre mondiale a fait des héros - des gens au demeurant plutôt discrets -, et malheureusement révélé d’horribles personnes. Notre région ne pouvait échapper au risque de voir tomber des aéronefs alliés. Car elle est proche de la façade atlantique, située sous l’axe qui relie l’Angleterre à Bordeaux, etc. Des aviateurs anglais ou américains ont pu bénéficier des réseaux de la Résistance locale pour être soignés, hébergés, cachés et évacués.
FFI ou FTP...


Des arrestations en masse en février 1942
En 1941, dans le Ruffécois, existent des volontaires qui organisent le combat contre les nazis. Ce sont Augustin Marchand, les époux Sabourault et Aristide Gentil de Villiers-le-Roux ; Albert Ayrault de Londigny ; Gilbert Banlier de Villiers-le-Roux également ; Fernand Gendronneau et Pierre Dupont de Saint-Martin-du-Clocher et Raoul Hédiart de Ruffec. René Moulignier transmet la machine à écrire (1) à Raoul Sabourault qui est maçon et agent d'assurances et à son épouse Berthe qui est coiffeuse.
Le 22 février 1942 et le lendemain, à Villiers-le-Roux et Saint-Martin du Clocher, la police de Vichy arrête les Epoux Sabourault.
Cette affaire concerne aussi Pioussay : "(1) La « femme de ménage » de la famille Sabourault, Madeleine Labarde de Pioussay, reproduisait les tracts venus de Paris à l'aide de la machine à écrire, envoyée par Georges Beyer et apportée par René Moulignier. Les tracts étaient multipliés au moyen d'une machine à ronéotyper.
Ces tracts étaient de deux sortes : ceux qui reproduisaient les documents envoyés par les instances nationales du « Front National de Lutte pour l'Indépendance de la France » ; et les tracts rédigés à partir de messages transmis de bouche à oreille. (d'après le témoignage de Georges Sabourault, neveu de Raoul Sabourault et de Berthe Sabourault)."
Lire le tout en déroulant cette page : http://pascal.baudouin.pagesperso-orange.fr/momvilliers_roux.htm

Une forteresse s’abat à La Bataille
« Le 31 décembre 1943 vers 13 heures, une forteresse volante s’étant écrasée à La Bataille1, le sauvetage des aviateurs fut bien organisé et réussi. «M. Griffault de la Bataille, n’a pas vu tomber l’avion, il avait juste entendu un grand bruit, et c’est ensuite qu’il s’est rendu sur les lieux2 »
Forteresse américaine tombée à La Bataille le 31 décembre 1943 : n°738188 (?).

Des bombardiers avaient pour mission de détruire les aéroports de Bordeaux, Cognac et La Rochelle. Le B17 américain tombé à La Bataille avait été pris en chasse par deux Messerschmitt. Dix hommes composaient l’équipage. Certains de ces aviateurs furent transportés dans la région de Chasseneuil en Charente où une filière leur permettait de traverser la ligne de démarcation et, par la zone libre et l’Espagne, gagner ensuite l’Angleterre.»
Selon M. Sauzeau, deux Américains furent aperçus à Saveille (Paizay-Naudouin), arrêtés par la gendarmerie de Villefagnan qui les aurait relâchés.


Des Américains se cachent à Loubillé
«Dans la journée du dimanche 5 mars 19443, deux Liberators B-24, partis de la base de Norwich, volent en direction de Mont-de-Marsan avec la mission de bombarder les sites stratégiques de cette ville […]. Sur le chemin du retour, les deux appareils sont pris en chasse par la DCA allemande de Cognac et descendus en vol. L’un des deux avions, sérieusement touché, se désagrège au-dessus de Niort-Benet. Un aviateur est tué. Les autres sautent en parachute et seront tous sauvés. (…)»

Maurice Gadioux, garagiste à Chef-Boutonne, était le responsable du mouvement Résistance4 dans ce chef-lieu de canton. Il est alerté le lundi 6 mars. Il prévient Elise Giroux - institutrice à Chef-Boutonne, elle fut recrutée en mars 1944 - que cinq aviateurs américains arriveront chez elle. En fait, le soir venu, ils étaient sept. Elle en hébergera quatre chez elle. Mais il fallait déjà penser à les évacuer.
« Entre-temps, M. Gadioux, M. Renaud, gendarme et M. Tagaud avaient recherché un autre hébergement sûr pour mes quatre aviateurs. […] Cette maison5 était habitée par Yves Mondineau, un célibataire parisien originaire de Loubillé, qui se cachait lui-même pour ne pas partir au STO. Il quittait la maison tôt le matin pour ne rentrer que le soir. Une courageuse jeune fille de quinze ans, (famille Chassin)6, se chargeait d’aller chercher des provisions. […] A l’insu de ses parents, elle préparait les repas que Yves Mondineau allait porter le soir aux Américains. [...] »
« Ils étaient deux Américains cachés aux Maisons-Blanches de Loubillé, dit Marcel Bodet, on pouvait les nourrir la nuit, entre les Maisons-Blanches et Loubillé ceux qui le faisaient avaient fait un « routin » dans un champ. Le boulanger faisait des tournées supplémentaires pour nourrir ces deux gars et les réfractaires STO. »
« Villefagnan connaît une affluence d’aviateurs7 : ceux qui ont été abattus près de Benat (79) (Benet en non Benat) arrivent escortés par Gaston Blancart et Bourrut ; le lendemain, six autres, dont deux blessés, se présentent au café Chauveau d’où, en présence du maréchal des logis-chef Marcel Morisset, ils regagnent des fermes. »

Les maquis proches
La résistance dans le Mellois voit naître un groupe à Ardilleux8 créé par Albert Dubray en 1941. Ce groupe s’est spécialisé dans l’aide aux réfractaires, la fourniture de faux papiers et de cartes de rationnement. Des volontaires sont recrutés pour des missions armées et instruits par Fernand Jousseaume. Les maquisards s’installent à la ferme de Séligné, près de la Motte-Tuffaud.
« Les moindres choses prenaient à l’époque l’allure de problèmes quasi-insurmontables, exemple : les cartes d’état-major et les boussoles. Il en fallait à tous prix et c’était introuvable… »
Puis les initiateurs formeront le groupe Fernand à partir des groupes Eprinchard-Dubray et des volontaires niortais-mellois et lezayens. Ce maquis prend naissance à Fontadam entre La Pommeraie et Clussais.
« Vers la fin juillet 1944, le groupe Jousseaume quitte Fontadam et vient s’installer au Petit-Bois d’Aubigné. Les frères Dubray, dont le groupe de Chef-Boutonne comprenait : R. Sivadier, Gallas, massé, H. Désafit, R. Sauquet, Bouteiller, etc. ont rejoint ce groupe qui compte 50 à 60 hommes, et dont le cuisinier est le populaire Bajus. »
Le camp du Petit-Bois d’Aubigné sera détruit par les Allemands le 15 août 1944, ils ne trouveront sur place que des véhicules mais fusilleront le pauvre Jean Cosset, jeune garçon de La Rochelle et comptable du groupe, qui s’était absenté pour aller chercher du ravitaillement. Les Allemands l’ont cueilli à son retour… Ses camarades et leurs prisonniers se sont repliés en bon ordre, à pied, pour rejoindre les bois de Hanc. Le 19, ils s’installaient à Pliboux.

Devoir de mémoire
Hommage à quatre martyrs de la Résistance (Source : La NR le 17/08/2012)
Des résistants du Chef-Boutonnais ont été fusillés par les Allemands le 19 août 1944, dans la vallée de Chizon, à Niort, et le 21 août 1944, à Ruffec. Avec la municipalité et l'association des anciens combattants de Chef-Boutonne, le comité de Sauzé-Vaussais des anciens combattants et amis de la Résistance (Anacr) leur rendra hommage lundi 20 août.
Voici le programme de la cérémonie. A partir de 18 h : dépôt de gerbes sur les sépultures de René Goguelas, Raymond Kopp (alias lieutenant Parouty) et Charles Lainé, au cimetière de Lussais, puis sur la tombe de Louis Proust, au cimetière de Javarzay ; recueillement et lecture d'un poème devant l'hôtel des Voyageurs, place Cail, où le lieutenant Parouty avait eu son PC.
Dans le cadre du devoir de mémoire et le respect de l'esprit de la Résistance, la population est invitée à participer à cette manifestation du souvenir.


Site très intéressant : les Tommys du Poitou.
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1 Marcel Daniaud, Histoire de nos villages, page 114.
2 Robert Sauzeau, Mes deux amours, mon village et la Boutonne, 2008, page 64.
3 Tiré du site Internet : http://www.crrl.com.fr/Ressources/concours_resistance/Concours2008/aideallies.htm
4 Né en octobre 1942 à Paris sous l’impulsion de Marcel Renet, le mouvement « Résistance » s’implante dans les Deux-Sèvres grâce au contact établi avec Henri Darsault et son groupe niortais. Ses principales actions sont la diffusion du journal clandestin « Résistance », la fabrication de faux-papiers et l’aide aux pourchassés (réfractaires du Service du Travail Obligatoire et aviateurs alliés présents sur le sol français).
5 Aux Maisons-Blanches de Loubillé.
6 C’est une parente de Chassino.
7 Francis Cordet, Carnets de guerre en Charente, 1939-1944, page 242, éditions « Récits de Borée » 2004.
8 De Fontadam à Saint-Nazaire avec le Maquis Fernand-Groussard, page 15, 1954.



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