Les remèdes du curé de Pioussay

Les recettes du curé de Pioussay, l'abbé Granier, ont donné des idées aux responsables de laboratoires pharmaceutiques. En voici quelques exemples.














Une histoire amusante
Un conte que l'on nous a raconté à Loubillé.
L'affaire du sorcier de la Plaine des Gours (16)… Il y avait là un vieux château possédé par un certain Micho que l’on disait sorcier. Marcel Bodet (de Loubillé) qui a résidé en ce lieu avant-guerre, car son père en était le métayer, a bien voulu nous conter cette légende.

« On devinait encore à la Plaine dans les années trente des restes de murs en torchis. Il y avait la famille L’gran, dont un fils, Norbert, voulait épouser une voisine héritière des Micho. Mais le sorcier ne voulait pas de ce mariage qui aurait transporté aux L’gran une belle part du patrimoine de sa famille. Si Micho n’avait aucun pouvoir sur Norbert L’gran, il avait réussi cependant à s’emparer de l’un de ses frères. Le seul sur lequel il pouvait agir par la force de son sang, parce qu’il avait le sang plus fort que son malheureux prisonnier ! Il l’avait enfermé dans une cage, le nourrissant au travers des barreaux. On disait qu’il y est resté si longtemps que ses ongles étaient extrêmement longs, plusieurs centimètres.
Quand les vignes se sont mises à dépérir par le phylloxéra, les gens ont acheté des troupeaux de moutons. Le sorcier embobinait les bergères en les félicitant de la beauté de leurs bêtes. Il caressait le dos des animaux. Une heure après, ces derniers étaient déjà morts ! C’est dire les maléfices dont était capable ce terrible personnage.
Les L’gran ont voulu mater le sorcier. On leur avait conseillé d’aller voir le curé de Pioussay, l’abbé Granier dont la réputation de guérisseur avait fait le tour du pays. Ils lui ont écrit pour obtenir un rendez-vous. Ce que le bon curé accepta sous réserve qu’ils soient ponctuels. Son remède fut aussi efficace que son diagnostic. Il demanda aux L’gran de rentrer chez eux en s’arrêtant à la boucherie de Villefagnan acheter un cœur de bœuf. Ils ont truffé ce muscle animal d’une nuée d’épingles. Puis l’ont mis à cuire dans une poêle. Alors, le sorcier a commencé à ressentir en lui une chaleur intense, il se sentait brûler, il hurlait d’épouvante. Et ce fut terminé, plus jamais il n’a embêté les L’grand… »

Marcel Bodet a eu communication de cette légende par les gens des Gours : « A la foire de Couture, le 7 du mois, les gens se rencontraient et parlaient de leurs malheurs, et de ces histoires… ». Il dit avoir connu ce sorcier pendant sa petite enfance : « Le sorcier avait des ruches disposées tout autour de son jardin, au milieu il cultivait des légumes. Mon père n’avait pas le temps de s’occuper d’un jardin, alors ma mère achetait des salades au père Micho ». Il ajoute à sa liste d’histoires celle-ci qui mérite qu’on s’y arrête. « Lorsque Micho est décédé, ses héritiers ont découvert une table pleine de livres dangereux, ils les ont tous brûlés sauf un livre de médecine. Micho avait toujours étonné les médecins. Il s’était émasculé lui même. Il avait conservé pieusement son affaire dans un bocal de formol. Il se rendait l’exposer dans les foires moyennant une aumône du public. »




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