Le prieuré Saint-Martin de Pioussay

Le prieuré Saint-Martin appartenait à l'abbaye de Saint-Séverin (17) de l'ordre des Augustins, dans le diocèse de Poitiers.
Le prieur était à la nomination de l'abbé (collateur) de Saint-Séverin (Saint-Séverin-sur-Boutonne "17") comme celui de Paizay-Naudouin et celui de Souvigné ou encore celui de Bernac (16).

Les bâtiments du prieuré étaient ceux du presbytère... ou l'inverse.

Cette abbaye de Saint Séverin fut placée sous le régime de la commende comme l'explique le curé-prieur de Pioussay en 1750 : "L’on fera attention que le dit prieuré est ordinairement possédé par des réguliers qui ont renoncé à leurs biens patrimoniaux"... "Le saint abbé de Séverin qui n’oublie pas de mettre la main sur les successions des défunts prieurs dés qu’ils se prêtent héritiers, empochent fort bien dés 1800, dés 3000 et sans faire la moindre réfection, aucun abbé de Séverin n’en a jamais fait... Un abbé commendataire est un ecclésiastique qui tient une abbaye « in commendam », c’est-à-dire qu’il en perçoit les revenus et peut aussi exercer une certaine juridiction sans toutefois exercer la moindre autorité sur la discipline intérieure des moines. les abbés furent dès lors « commendataires ». Inutile de préciser que le régime de la commende signifiait la fin de la spiritualité au détriment de  la valorisation des biens matériels.

La preuve
« Cette époque marque l'apogée de la réputation de Fléchier. Le roi voulut l'entendre : le lecteur fut donc retenu pour le discours de la cène, qui devait se prêcher le samedi-saint (1676). On le demandait d'ordinaire à celui que l'on destinait aux hautes fonctions de l'Église. L'opinion publique, « la voix du peuple », comme dit Fléchier, le faisait déjà évêque. Après son sermon, il reçut du Roi l'abbaye de Saint-Séverin, en Poitou. M. de Montausier ne fut pas étranger à cette largesse de Louis XIV. « Fléchier accepta le présent avec d'autant plus de reconnaissance, que ses ressources pécuniaires ne s'étaient pas accrues eu proportion de ses succès littéraires et «de ses faveurs de cour». (Source : Revue des sciences ecclésiastiques, 1865.)


L'abbaye de Saint-Séverin, ordre de saint Augustin est située sur les confins des diocèses de Poitiers et de Saintes, à trois lieues de Saint-Jean-d'Angély. Elle fut fondée en 1068 sous le vocable de saint Séverin par Guillaume VI, duc de Guyenne et comte de Poitou, évêque de Bordeaux au Ve siècle ; les Calvinistes l'ont entièrement détruite. C'est en 1568 ou 1569, alors que tout le pays était sous l'entière domination de l'armée calviniste, que l'abbaye de Saint-Séverin dut subir le sort de toutes les maisons claustrales de la Saintonge, de l'Aunis, du Poitou... « D. Beaunier dit que, pour y introduire la réforme, on a rétabli les bâtimens et les lieux réguliers qui étaient « ruinés. » Il n'y reste cependant plus qu'un chanoine régulier, qui a le titre de curé (1783).

Selon le grand dictionnaire historique, 1759 : « Saint-Séverin, abbaye de France, dans le Poitou, au diocèse de Poitiers, située près la rivière de Boutonne & du château de Dampierre, à trois lieues de S. Jean d'Angéli. Elle est de chanoines réguliers de l'ordre de S. Augustin. Elle a embrassé la derniere réforme, & on en a rétabli les bâtimens & les lieux réguliers que les protestans avoient détruits pendant les guerres de religion. On croit que cette abbaye est celle dont parle Befly dans son histoire des comtes de Poitiers & qu'il assure avoir été fondée vers l'an 1068, par Géofroi Guillaume VIII , duc d'Aquitaine.
La Martiniere, dict. géogr. »



 

En 1315, François de Devezeau est prieur de Pioussay.


Avant le 7 février 1512, Jean Le Roux et Nollet Falaise rétrocèdèrent à Perrette Corgnol les droits qu'il avaient acquis de son mari sur le prieuré de Pioussay. Elle percevait les dîmes à Pioussay et à Lugée (Pioussay), et en rendit aveu au seigneur dudit lieu, Jean de Rambures, en 1536.

Le 11 avril 1692 a été inhumé dans l'église de ce lieu le corps de Jeanne Vergnault, soeur du prieur et veuve de Jean Guiault, âgée de 58 ans, en présence de Jean Vergnault son frère, prieur du lieu, Jean et François ses enfants, de Jean Faubert l'archiprêtre de Hanc, [...] curé de Melleran, François Guault curé d'Embourie, le prieur de Paizay et curé d'Empuré, et Guault vicaire de Pioussay.

Le 4 avril 1695 a été inhumé dans l'église de ce lieu le corps de Messire Jean Vergnault prêtre curé de Lorigné et avant prieur curé de cette paroisse bienfaiteur de l'église après en avoir eu la conduite et direction en qualité de (passeur) durant 27 ans. Son corps a été placé et enterré vis à vis du tabernacle au pied du grand autel de cette église, après avoir reçu toutes les marques d'un véritable [-----] pendant son vivant avoir reçu avec édification pendant sa maladie et deux jours avant son décès les sacrements [-----] qui lui ont été conférés par le R. père Timothée de Niort, capucin de Ruffec, qui l'a assisté à la mort. Présent ses conféres et curés à savoir, l'archiprêtre de Bouin, les curés de Melleran, Vaussais, Montjean, Villiers, la Madeleine, Villefagnan, Brettes, Empuré, Ambourie, Paizay-Naudouin, Loubillé, Ardilleux, M Béguyet vicaire de Hanc et le curé de la Chapelle-Pouilloux, le célébrant à été l'archiprêtre de Bouin, a aussi assisté à l'enterrement son neveu Jean Guiault prieur de Pioussay.


Chapelle du Château de Saveilles
"Le 18 janvier 1703, permission donnée par Jean-Claude de la Poype de Vertrieu, évêque de
Poitiers, à N. de Touchimbert, chevalier, Seigneur de Saveilles, de faire construire une chapelle pour y dire la messe, dans l'enceinte du château, et délégation faite à l’archiprêtre de Bouin de la bénir avec les cérémonies requises. Le 9 mars suivant, le sieur Loullier, archiprêtre de Bouin, assisté de messire Bardin Quérouau, curé d'Ampuré, de mre Jean Giraud, prieur de Pioussay, de mre Marin Favereau, curé de Montjean, et de mre François Grolleau, curé de Paizay, et en présence de mre François de La Rochefoucauld, mre Pierre de La Couture-Renon, de mre Balthazar de Beauchamps de Villeneuve et d'un grand concours de peuple a consacré la dite chapelle et béni une cloche."


Les biens du prieuré sont affermés
Le prieur-curé n'exploitait pas lui-même les terres du prieuré, pas plus qu'il n'effectuait la collecte des dîmes, il confiait cette charge à un fermier, d'où un bail devant notaire.

« Bail du 3 may 1741
Par devant les notaires soussignés a été présent en la personne M. Pierre Augron, écuyer prêtre prieur de Saint Martin de Pioussay, y demeurant, lequel de sa bonne volonté a ce aujourd’hui loué et affermé et promis, faire jouir pour les temps et espace de cinq années consécutives les unes des autres et sans intervalles de temps y compris cinq cueillettes et levées de tous fruits à dames Francoise et Marguerite Ayrault, maître Barthelemy Ayrault sergent du marquisat de Ruffec et dame Marie Pichot son épouse de lui dument autorisée demeurant au village de la Jarge, «poupeau» paroisse de Pioussay, présent, stipulant et acceptant, à savoir les dîmes et revenus du prieuré de Pioussay de quelque nature qu’ils puissent être ; soit dîmes d’agneaux, bled, vins, légumes, chanvres, lins et généralement tout ce qui dépend du dit prieuré, avec ceux de rentes et autres devoirs, droits de lods et ventes et honneurs, le tout suivant et conformément à ce qu'eut à jouir et perçu le sieur de Laubier précédent fermier, (le sieur de Laubier affermait le même prix à l’exception de la cire, perdrix et lièvres dont la ferme a été augmentée), du dit prieuré pour et par les preneurs a commencé à jouir à la récolte prochaine et continuer pendant les dites cinq années. La présente ferme faite pour eux les preneurs en bailles et payer par chacun an la somme de mil livres, savoir celle de deux cents cinquante livres à la St. Michel prochaine, même somme aux fêtes de Noël, de notre Dame de mars et de St. Jean Baptiste, le tout en suivant.
En outre ils seront tenus, les dits preneurs de bailler au dit prieur par chacun quatre livres de cierges blancs, douze perdrix et deux lièvres et aussi donner en forme de pot de vin aux vendanges prochaines un tonneau de vin rosé pris à la Fichére et rendu à Pioussay. Ce réservant, celui ci le dit prieur pour chaque an un cent fourni de bled, savoir vingt sept boisseaux de méture blanche, vingt six de baillarge, vingt six de cabossat, et vingt six de brizeau, et qu’il prendra à l’aire à commencer aux bataisons prochaines. Deux barriques de vin rosé, deux de blancs, et deux de boire aussi produit sur la ferme ; deux traversées de paille, l’une de froment et l’autre de méture et seront aussi tenus les preneurs de conduire les bleds et autres choses de la dîme au prieuré. Le prieur fournissant le grenier pour loger le grain aussi les fûts vinaires pour loger le vin et outre ce, et sans diminution du prix de la dite ferme, ceux ci dits preneurs seront tenus de payer pour chacun le gros prétendu par la maison de Cherconnay au sujet duquel le dit prieur proteste de se savoir ainsi qu’il avisera pour faire juger le procès pendant au parlement de Paris, même et intenté par le prieur Guillon son prédécesseur immédiat et autres prieurs.
Seront tenus les dits preneurs de faire couper par les dixneurs, le bled du champ du prieuré quitte de toutes rentes, se réservant aussi le dit bailleur la garenne et le pré dépendant du dit prieuré et les legs pieux dus à la dite église du dit Pioussay et seront tenus les dits preneurs de faire recouvrir les bâtiments dont ils se serviront pendant le cours de la présente ferme de la main de l’ouvrier seulement et une fois pendant celle ci.
Tout ce que dessus a été ainsi voulu, stipulé et accepté par les dites parties ; lesquelles pour l’entretien ont obligé et hypothéqué tous et chacun leurs biens présents et futurs, les dits preneurs solidairement les uns pour les autres, un seul pour le tout sans division et renonçant le tout comme pour ferme et consentement de toutes parties. Ils en ont étés jugés et condamnés par les dits notaires étant à Pioussay avant midi le troisième mai mil sept cent quarante et un (3 mai 1741).
Et ont les parties avec nous signés et fourniront ceux ci preneurs d’une grosse des présentes aux dits bailleurs ainsi signés en la minute ; P. Augron prieur de Pioussay, B. Ayrault, Françoise Ayrault, Marguerite Ayrault, Marie Pichot, Michonneau et Robineu notaire à Ruffec, contrôlé à Villefagnan par Pugnier qui a reçu treize livres,quatre sols et a signé ; J. Robineau, notaire à Ruffec, j’ai la minute et à la marge, pour expédition aux preneurs.
Revenus (mentionnés au dit bail ci dessus et son évaluation)
Prix du bail en argent : mil livres
 


Mais les revenus ne seront pas à la hauteur des attentes...

Résiliation du bail
Par devant le notaire du marquisat de Ruffec en Angoumois soussigné ont été présents en leur personne M. Pierre Besnier, prêtre prieur, curé de la paroisse de St. Martin de Pioussay, demeurant à Pioussay, d’une part, et M. Barthélémy Ayrault sergent au marquisat de Ruffec, dame Marie Pichot son épouse et Marguerite Ayrault demeurant au village de la Jarge sur la paroisse de Pioussay, d’autre part ; entre lesquelles parties a été dit que par acte du trois may mil sept cent quarante et un et passé par devant même notaire que les présentes, contrôlé à Villefagnan par Pugnier. Les dits Ayrault et Pichot auraient pris à ferme de M. Pierre Augron, prêtre prieur du dit Pioussay, les revenus du dit prieuré pour en jouir cinq années moyennant les clauses et charges et conditions expliqués au bail, et entendu qu’il reste encore un an à jouir de celui ci et que les Ayrault ont remontré que leurs affaires ne leurs permettaient pas de jouir davantage des revenus du prieuré ; ils ont prié le sieur prieur de vouloir les en décharger sans dédommagement et à quoi consentement le sieur prieur et voulant traiter à l’amiable, il a été par ces présentes convenu et arrêté que le sus dit bail demeure dès à présent résilié par consentement les dits Ayrault et Pichot quittes et déchargés de celui ci pour l’avenir, moyennant qu’ils s’obligent de continuer à charroyer ou faire charroyer à leurs frais et dépenses la présente année seulement, pour les fruits et revenus qui dépendent du dit bénéfice ; dans les granges et greniers et bâtiments que ceux ci, soit bled, vin, fruits et autres denrées dites nobles, sans que pour raison de quoi ils puissent prétendre à aucunes rétributions et moyennant que les parties demeureront respectivement quittes pour raison dit bail. Sauf ce que les dits Ayrault et Pichot peuvent devoir en argent ou sur les termes échus ou à échoir, dont il en sera fait compte. Tout ce que dessus a été ainsi voulu, consenti, stipulé et accepté par les parties, lesquels ont obligé pour l’entretien tous et chacun leurs biens présents et futurs ; dont de leur consentement et volonté. Ils ont été jugés et condamnés par le dit notaire soussigné.
Fait et passé au bourg de Pioussay le vingt huit avril mil sept cent quarante cinq avant midi et ont les dites parties signées, aussi signées en la minute P. Besnier prieur de Pioussay, B. Ayrault, M. Ayrault, M. Pichot, Michonneau notaire à Ruffec, contrôlé à Villefagnan le douze may mil sept cent quarante cinq, reçu deux livres huit sols ; signé [----]
Cy donc pour les charrois la somme de cent vingt livres.



Le 2 juin 1744, au grand regret de toute la paroisse, inhumé dans l'église le corps de Messire Pierre Ayrault prêtre vicaire de Pioussay agé de 25 ans ; étaient présents les curés de Montjean, Lorigny, Empuré, Paizay, Hanc, et plusieurs autres.

Le 4 septembre 1744, inhumé dans l'église le vénérable Messire Pierre Augron, écuyer, prieur de Pioussay, âgé de 52 ans.

 


Pierre Augron, écuyer, prieur de Pioussay est donc inhumé le 4 septembre 1744, Pierre Nicolas Besnier, lui succède en tant que prêtre prieur de Pioussay. Il découvre un  prieuré en très mauvais état et demande un état des lieux le 6 février 1745.

L'ancien presbytère ou prieuré.

6 février 1745, état du prieuré
M. le Sénéchal de la ville et marquisat de Ruffec supplie humblement Messire Pierre Nicolas Besnier, prêtre prieur de Pioussay, disant qu'il a été séjourner audit Pioussay au mois d'octobre dernier pour constater l'état des bâtiments et domaines dudit prieuré.
Ce considéré Monsieur, il vous plaise de luy permettre de faire état en procès-verbal des maisons, bastimens et dépendances dudit prieuré de Pioussay par le notaire.


15 février 1745
Etat des lieux
Le notaire est requis pour constater l'état des bâtiments et domaines dudit prieuré. Il s'y rend en compagnie de Pierre Ayrault maître serrurier, Pierre Queron charpentier à Queue d'Ajasse (Lorigné), René Chagnaud maître maçon du Puy de la Basse-Marche (Limousin).

Les remarques sont nombreuses.
L'entrée de la grande porte qui donne à la petite cour qui est devant la grande porte de l'église, qui est à deux pans que la fermure (fermeture) d'icelle est hors d'état de servir, néanmoins garnie de 5 gonds et ferme avec un cadenas. Réparation estimée 9 livres 5 sols.
Réparation au mur autour de cette porte : 1 livre.
A l'écurie «en bon état» le verrou est à refaire : 10 sols.
A la charpente il manque une poutre de 16 pieds de long : 5 livres.
A l'écurie le jucheraud (plancher fourbi de paille ou châtaignier tressé) est à faire pailler en forme de grenier : 45 livres.
A l'écurie, crèche et râtelier en bon état, mais un mur à refaire : 4 livres.
Dans un grenier qui est au dessus des deux chambres de contre le fournier (fournil), la porte de l'entrée d'iceluy, et les griffes sont hors d'état : 27 livres.
Au fournil, fermure de la porte en mauvais état, manque une barre de verrou : 10 sols.
Une fermure manquante : 1 livre 15 sols.
Aucune grille à la fenêtre du fournil : 4 livres 10 sols.
La cheminée dudit four est annuellement refaite mais dans le four il manque 20 carreaux : 2 livres.
La porte qui entre dudit four dans la chambre appelée chambre verte est sans aucune fermure : 9 livres.
Pas de contrefeu à la cheminée de la chambre verte : 2 livres.
La fermure de la fenêtre est en mauvais état : 14 sols.
La porte qui entre de la chambre verte dans celle du vicaire est hors d'état : 5 livres.
La fenestre n'a aucune vite, il manque un soliveau au plancher : 2 livres 10 sols.
Il faut aplanir les sols en terre des deux chambres : 4 livres.
La porte sortante de la chambre verte sur le jardin en mauvais état : 3 livres.
Le grison des murs des deux chambres à refaire costé jardin : 2 livres 10 sols.
De là audit jardin de l'église 80 brasses de murs à refaire : 240 livres.
La fermure de la porte qui va à l'église à refaire : 1 livre 10 sols.
Chapeaux de murs à refaire à la petite cour : 10 livres.
Une barre de bois manque à une porte : 15 sols.
Les murs qui renferment le pré qui touche au chemin de Pioussay, cinquante et une brasse à refaire : 64 livres.
Les fossés autour dudit pré ni bons ni mauvais : 8 livres.
Autres murs dudit pré : 51 livres.
La porte qui entre dudit pré dans le petit jardin a une vieille fermure : 5 sols.
Les murs dudit jardin du costé du pré sont à réparer : 22 livres 10 sols.
Le mur entre le colombier et le cellier à refaire à neuf : 25 livres.
La porte sortante dudit jardin a besoin de petites réparations : 1 livre.
La porte du colombier convenable, ledit colombier en mauvais état : 21 livres 10 sols.
Dans une écurie (autre) la crèche et le râtelier en fer en assez bon état, aussy bien que le plancher au dessus, et la fenestre.
Fin de journée : remis la suite au 17 février 1745.
Signé Mourou notaire royal à Ruffec et Robineau notaire à Ruffec.

Mercredi 17 février 1745
Au portail qui donne sur la grande cour la fermure en mauvais état : 10 sols.
Vingt six brasses de murs fermant la dite cour à refaire : 72 livres.
La galerie dans la dite cour plus mauvaise que bonne, lattes à changer : 20 livres.
2000 tuiles : 2 livres.
Mur entre galerie et grenier : 4 livres.
Le poulailler et ce qui en dépend en mauvais état. La fermure du bâtiment appelé la halle est en mauvais état : 22 livres.
Goullards, puits et boucles à refaire : 3 livres 10 sols.
Au plancher de la halle manque un soliveau et une brasse de tables (planches à parquet) : 10 livres.
Pour le griffon et tuiles manquant au mur : 18 livres.
Petite réparation à al porte du grenier : 1 livre.
Réparations à la porte qui va de la grande cour au petit jardin : 3 livres.
Fermure du chai à réparer : 1 livre.
Verrou (verrouïl) incomplet à la fermure du fenil : 1 livre 5 sols.
Réparations au fenil, 600 lattes : 30 livres.
Il manque la moitié des soliveaux au fenil (feniou) et les planches attachées : 90 livres.
Fermure de la porte entre la grande cour et le chai hors d'état : 6 livres 10 sols.
Recrépir le bas du mur : 3 livres.
Réparer une porte : 2 livres.
Réparer une fenêtre, la vitrer : 5 livres.
Réparer la porte qui sort de l'église dans le petit cellier : 12 sols.
Porte du chai à la cuisine ne manque de rien !
Réparation d'une fenêtre : 3 livres 10 sols.
Au plancher de la cuisine manque deux soliveaux : 4 livres.
Fin de tournée : remis la suite au 22 février 1745.
Signé Besnier prieur, Mourou notaire royal à Ruffec et Robineau notaire à Ruffec, etc.

Lundi 22 février 1745
Les murs de la cure à griffonner et blanchir : 8 livres.
Contour de foyer à établir : 15 livres.
A la cheminée manque une barre de fer en soutien de la crémaillère (cramalière) : 4 livres.
Porte entre la cuisine et la salle (à manger) à réparer : 3 livres.
Réparation au mur de la salle : 25 sols.
Réparer le plancher au dessus : 3 livres.
Réparation de la porte entre la salle et la petite cour : 4 livres.
Pour toutes les serrures : 5 livres.
De là sommes à la porte du degré (escalier) qui monte à la chambre du sieur prieur, besoin de réparations aux murs, à la charpente, à la croisée, vitres, etc. : 100 livres.
Fermure du grenier au dessus de la cuisine : 1 livre.
Charpente au dessus en mauvais état : 26 livres.
Un petit cellier entre ce grenier et la chambre du prieur a son plancher hors d'état comme celui de la chambre du domestique dont la porte est hors d'état : 80 livres.
Corridor en bon état.
Fenêtre etc. de la chambre du domestique : 1 livre 10 sols.
Fenêtre de la chambre du prieur : 8 livres.
Grenier de la chambre : 20 livres.
Foyer dans la chambre manque 50 carreaux ; 6 livres.
Plancher au dessus de la chambre à refaire : 20 livres.
4 brasses de mur à refaire costé petite cour : 15 livres.
Charpente en assez bon état.
Il faut acommoder la couverture des bâtiments entre l'église et le petit jardin : 52 livres.
Le petit galteau (appentis) qui est au dessus de la porte qui entre dans l'église à réparer : 4 livres.
A l'église
Le tableau du grand autel (écrit hotel) est délabré et hors d'état de servir, il faut un neuf de 8 pieds de long et 3 pieds 4 pouces de haut, il faut deux crucifix, six chandeliers de bois ou de cuivre et un tabernacle : non estimé.
En haut du grand vitrail manque deux carreaux de vitre, manque dans la sacristie un cabinet et une armoire : 24 livres.
Autres manques : 15 livres.
Fin de journée : remis la suite au 24 février 1745.
Signé Besnier prieur, Mourou notaire royal à Ruffec et Robineau notaire à Ruffec, etc.

24 février 1745
Porte du grenier au dessus des deux celliers bonne, plancher et fenètre à réparer : 15 livres.
Fermeture : 3 livres.
De là à une pièce de terre labourable, fossé d'un costé à recreuser : 12 livres.
De là un fossé de 50 brasses à faire à neuf : 4 livres.
A la guaraine (garenne) aucune fermure, pour y metttre un matériau : 10 livres.
A la garenne les fossés à renverser : 60 livres.
Constat final
Le prieur tient un état des réparations déjà faites et en possède les quittances.
Il n'y a au prieuré aucune eau courante ni puits donnant, celui qui y est étant toujours à sec même l'hiver. Il faut donc en faire faire un dans la grande cour : 150 livres.
La majorité des portes du prieuré mesure 5 pieds de hauteur, il faudrait toutes les relever d'au moins 1 pied : 180 livres.
Fin de tournée le 24 février 1745.
Signé Besnier prieur, Mourou notaire royal à Ruffec et Robineau notaire à Ruffec, etc.
Contrôlé à Villefagnan le 5 mars 1745.


L'entretien du presbytère a été délaissé par les abbés de tutelle.
Des difficultés récurentes ont donc été rencontrées par les prieurs pour entretenir le prieuré.
Exemple en 1750 comme déclare le prieur Besnier : Dans le presbytère qui consiste en de grands bâtiments, bâtis de terre (le liant entre moellons est de terre) qui par leur extrême vétusté menacent une ruine prochaine de toutes parts ; en un mot, les planches, charpentes, lattes, tuiles, solives, etc… le tout est pourri et croule, gros murs et le reste, ainsi que plus de quatre cents toises de murs de clôture qui sont dans un extrême mauvais état, l’on a plutôt fait raccommoder trois à quatre brèches qu’il en tombe six autres, le moindre vent, la pluie d’une seule nuit préparent toujours une nouvelle besogne. (le présent procès verbal de visite que j’ai fait faire en prenant possession, monte à la somme de deux mil six cents seize livres quinze sols 2616 livres 15 sols). On doit être assurément surpris du mauvais état du presbytère du dit prieuré de Pioussay y ayant eu plusieurs prieurs qui ont possédé le bénéfice pendant des 30 et 35 ans qui avec quelques économies auraient pu ajuster les dits bâtiments !, mais on cessera de l’être lorsque l’on fera attention que le dit prieuré est ordinairement possédé par des réguliers qui ont renoncé à leurs biens patrimoniaux. Le dit bénéfice d’ailleurs chargé de grosses décimes, la plupart des prieurs s’étant ruinée à la poursuite du procès contre le seigneur de Cherconnay (Le Vivier de Longré 16)) pour la rente de 80 boisseaux de bled dont ci après sera fait mention ; et le saint abbé de Séverin qui n’oublie pas de mettre la main sur les successions des défunts prieurs de la cause morte dés qu’ils se prêtent héritiers [----], empochent fort bien dés 1800, dés 3000 et sans faire la moindre réfection, aucun abbé de Séverin n’en a jamais fait ; on nomme à ce prieuré un parent, un ami, il faudrait ne pas savoir-vivre pour faire à un collateur des propositions aussi grossières. De là, résulte que M. l’abbé de St Séverin devrait être taxé proportionnellement et en déduction des décimes du prieur de Pioussay, pour les dites réparations en conséquence des dites aubaines qui réellement font une partie du revenu de l’abbaye dont il se donnera bien garde de faire mention dans la délibération. Et pour lors le prieur de Pioussay se trouverait petit à petit en état de réparer le bien de l’église.


Le 26 novembre 1776 a été inhumé dans l'église de ce lieu le corps de Messire Anthoine Pierre Sandra de Seychelles, âgé de soixante quatre ans, prieur curé de cette paroisse en présence des soussignés : Lepelletier curé de Villefagnan, Surau curé de Paizay-Naudouin, Dupuy curé de Lorigné, Bonnet archiprètre, Degenne curé de Hanc, Fraigneau curé d'Ardilleux, d'Aubigné, [-----] curé d'Ampuré, Leger curé de la Madeleine, L.P. Cherbonnier curé de Theil et d'Embourie, et Delétang curé de Longré. Signé F. Terrière [----] de Pioussay

Le 13 octobre (1785) est décédé Messire François Terrière curé prieur commendataire de la cure et prieuré, de l'église et paroisse de Saint Martin de Pioussais et le 14 son corps a été inhumé au cimetière de la dite paroisse, quoique interdit, en présence de MM. les curés soussignés qui ont conduit le cadavre jusqu'à la porte du dit cimetière. G. Depréssac curé de la Forêt, Dagenne curé de Hanc, Robert curé de Javarzay, Roussier curé de Theil et Embourie, Dupuy curé de Lorigné, Gorrier vicaire de Javarzay, Balland curé d'Empuré, Daveseau curé de la Chapelle.


Pour complément d'information, à titre d'exemple
Installation du prieur-curé de Souvigné (Charente) en 1698

Jean Lemoyne représenté par Louis Le Laboureur
« Le 20 juin 1698, à 4 h., le R.P. Louis Le Laboureur, prestre religieux profès de l'ordre de Saint-Augustin, par procuration spéciale du R.P. Jean Lemoyne, prestre, chanoyne régullier de l'ordre de St Augustin, de la congrégation de France, prieur claustral du prieuré de Notre-Dame de Lanville», Ce dernier, «du diocèse d'Uzeis (Uzès)» a été nommé «au prieuré de la cure Saint-Martial de Souvigné et ses dépendances, au dit diocèse de Poictiers, par Mgr l'illustrissime et révérendissime messire Esprit Fléchier, evesque de Nisme, abbé de l'abbaye de Saint-Séverin, audit diocèse de Poictiers, en sa qualité d'abbé de St Séverin d'où dépend ce bénéfice de Souvigné», les vicaires généraux de Poitiers, ayant donné leurs visas.
Jean Bineau, sacristain, ouvre l'église le curé de Souvigné, arrivé dans la maison presbitéralle, se promena dans les chambres de ladite maison, rompit des branches aux arbres du jardin», de tout pour et au dit nom du sieur Le Laboureur, en vertu de la dite procuration, en signe d'un bon et véritable possesseur du susdit bénéfice de Souvigné, avec remise des clefs de l’église et de la maison au sieur par le sieur Bineau… »


Vente des biens du prieuré comme biens nationaux
Le presbytère devient possession communale.

Vente du pré de la cure
Vente comme bien national du pré le 17 mai 1791
Pré de 5 boisselées et demie environ renfermé de murs touchant le presbytère de Pioussay et dépendant de la cure dudit lieu, estimé sur la soumission de Jacques Chabot demeurant à Chef-Boutonne à 1.320 livres, mais adjugé à 2.025 livres au 6e feu à Jean François Perrain.

Vente de la garenne
Vente comme bien national du pré le 17 mai 1791
Bois taillis de 18 boisselées renfermé de fossés appelé bois de la garenne, dépendant de la cure de Pioussay, estimé sur la soumission de Jacques Chabot à 633 livres, mais adjugé à 1.575 livres au 9e feu à Pierre Sicaud demeurant à Pioussay.

Vente de terre
Vente comme bien national d'une terre le 17 mai 1791
Terre de deux boisselées située paroisse de Pioussay touchant au bois taillis appelé la garenne, dépendant de la cure de Pioussay, estimé sur la soumission de Jacques Chabot à 132 livres, mais adjugé à 150 livres, seule enchère, à Pierre Sicaud demeurant à Pioussay.

Vente de rentes (les rentes nobles n'ont pas encore été supprimées)
Vente comme bien national des rentes de la cure le 17 mai 1791
Rentes dues à la cure de Pioussay consistant en 8 boisseaux trois mesures de froment, 4 boisseaux méture, 4 quatre boisseaux et demi d'avoine, mesure de Ruffec, douze chapons, 7 gélines, une chopine d'huile, et 10 livres en argent, estimé sur la soumission de Jacques Chabot à 2.040 livres, à lui adjugé, seule enchère.
Rente de 17 livres dix sols due à la cure de Pioussay assise sur la terre de Jouhé, estimé sur la soumission de Jacques Chabot à 262 livres 10 sols, à lui adjugé, seule enchère.

Vente de rentes concernant l'abbaye
Rentes dues à l'abbaye de Valence assise sur des domaines situés dans la paroisse de Pioussay dépendant de cette abbaye, consistant en 19 boisseaux de seigle et 3 d'avoine, mesure de Ruffec, 9 poules, 2 chapons, 5 livres en argent, non compris une rente de 2 boisseaux de seigle, 2 d'avoine et 5 sous dus sur des terres au village de Bouligné, estimé sur la soumission de Jacques Chabot à 1.983 livres 15 sous, à lui adjugé, seule enchère.



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