Le presbytère

Le curé étant aussi le prieur ;
Le presbytère est aussi le prieuré.

"Le presbytère qui consiste en de grands bâtiments qui ne signifient rien, n’y ayant que deux mauvaises chambres à foin, grenier au-dessus [………………] qui sert à faire mettre [……] fenil par-dessus, un appent qui règne tout le long du bâtiment et grenier par-dessus, et un autre bâtiment qui sert de meunerie et boulangerie avec grenier par-dessus. Le tout ayant besoin de réparations considérables, les murs des cours et jardins comme celle des bâtiments sont en très mauvais état et menacent ruine avec la charpente ayant plusieurs traits cassés, les lattes pourries avec les planchers des greniers pourris [  ] et apiécés quoique j’ai pu faire de réparations au dit bénéfice de 1722 qui se montait alors à plus de cent livres" décrit Pierre Guillon, chanoine régulier de Saint-Augustin, prieur-curé de Pioussay en 1722.

"Dans le presbytère qui consiste en de grands bâtiments, bâtis de terre qui par leur extrême vétusté menacent une ruine prochaine de toutes parts ; en un mot, les planches, charpentes, lattes, tuiles, solives, etc… le tout est pourri et croule, gros murs et le reste, ainsi que plus de quatre cents toises de murs de clôture qui sont dans un extrême mauvais état, l’on a plus tôt fait raccommoder trois à quatre brèches qu’il en tombe six autres, le moindre vent, la pluie d’une seule nuit préparent toujours une nouvelle besogne.
(Le présent procès verbal de visite que j’ai fait faire en prenant possession, monte à la somme de deux mil six cents seize livres quinze sols 2616 livres 15 sols).
On doit être assurément surpris du mauvais état du presbytère du dit prieuré de Pioussay y ayant eu plusieurs prieurs qui ont possédé le bénéfice pendant des 30 et 35 ans qui avec quelques économies auraient pu ajuster les dits bâtiments ! Mais on cessera de l’être lorsque l’on fera attention que le dit prieuré est ordinairement possédé par des réguliers qui ont renoncé à leurs biens patrimoniaux" déclare en 1851 Antoine Pierre Sandra de Seychelles, chanoine régulier de Sainte croix de la Bretonnerie à Paris, ordre de Saint Augustin, et prieur curé de Pioussay.

Le presbytère jouxte l'église au nord.

Le presbytère deviendra propriété communale à la suite de La Révolution - loi du 18 germinal an X (8 vril 1802).

"Dans une commune dont l'église et le presbytère sont en mauvais état (1816), dont les objets sacrés ont disparu, dont le linge de messe a été donné pour la réussite de la Révolution. Les nobles des environs ont aidé le culte à se rétablir, selon la volonté royale sous Louis XVIII. le curé était logé au château de Saveille, se contentait d'une chambre et de la cour du presbytère (pour faire paître son cheval) lorsqu'il venait servir les offices divins, écrit le curé Guy en 1816. Le sacristain a dû vous prévenir de ma part que je renonçais aux revenus des jardins et du champ près de l'église, afin que votre municipalité puisse pourvoir plus aisément aux linges sacerdotaux, aux réparations des portes et couverts de l'église. Je demande une seule chambre pour me mettre à l'abri et la cour pour y faire pâturer mon cheval."

Lettre de l'évêque de Poitiers adressée au maire de Pioussay
Le 8 juin 1821
...L'état dépourvu où est votre paroisse serait aussi un obstacle au placement d'un desservant à demeure, quand je serais assez heureux pour pouvoir vous en donner un. J. B. évêque de Poitiers (Jean-Baptiste de Bouillé)

Plan du presbytère en 1830.

23 avril 1826, décision du conseil municipal de financer des travaux au presbytère
Grâce à une imposition extraordinaire.

Au devis approuvé par le préfet des Deux-Sèvres le 2 décembre 1826 figure une longue liste de travaux :
1. Démolition et reconstruction d'une partie des murs de clôture le long du chemin de l'église depuis la petite porte d'entrée jusqu'au 1er contrefort de l'église.
2. Construction en bois de chêne du grand portail de la cour, de la petite porte.
3. Démolition de la grange à l'extrémité de la cour.
4. Démolition de la charpente du presbytère, du chai et leur reconstruction.
5. Construction d'un escalier en bois, à l'intérieur, pour l''accès à la chambre au dessus de la cuisine (pour remplacer celui qui était à l'extérieur (en pierre et mauvais état).
6. Fourniture à neuf de 7 chassis à verre (fenêtres) et 6 paires de contevents.
7. Fourniture à neuf de 4 portes en bois de chêne à l'intérieur du presbytère.
8. Construction à neuf de planchers de pied et de tête.
9. Construction d'un tillet.
10. Construction d'un petit marche-pied.
11. Démolition d'une partie du chai (ou cellier) et reconstruction du mur de façade.
12. Etablissement d'un placard.
13. Enduits de plâtre gris.
14. Changement de portes en bois.
15. Peinture à l'huile.
16. Relevé (remplacement) à neuf des planchers des greniers.
17. Ouverture d'une porte dans le mur de refend des deux greniers.
18. A la porte du chai, fourniture d'un jambage en pierre de taille, plus un verrou en fer.
19. Plancher de tête du chai.
20. Main d'oeuvre et pose de la charpente du presbytère et du chai.
21. Fourniture de latte en bois de chêne.
22. Construction à neuf d'une écurie (avec juchereau en claies de châtaignier) avec mangeoire et ratelier de 5 m de long.
25. Réparation des latrines et du four (construction d'un petit balet).
26. Dérasement à 1,16 m du mur entre le jardin et la cour (couvert de tuile).
27. Reprise de maçonnerie du puits hors terre et fourniture à neuf d'un tour en bois avec une petite charpente (pour la chaine).
28. Tous les crépissages à chaux (et sable et couverts de laitance) de tous les bâtiments formant le presbytère. (Tous les murs seront jointoyés.)

21 janvier 1827, adjudication des travaux au presbytère
Adjugé à François Bouqeut, menuisier, pour la somme de 2.420 francs.
Février 1827, approbation du sous-prétet de Melle.
Délai pour éxécuter les travaux : 15 mois.
Paiement au fur et à mesure de leur réalisation.


1905, loi de séparation des Eglises et de l'Etat

21 février 1907, location du presbytère
Le maire estime la location annuelle à 125 francs, impôts fonciers et impôt des portes et fenêtres compris.
Jean Queron, maire, et l'abbé Guilloteau, curé de Pioussay, signeront le premier bail le 16 février 1907.

1908, la grêle fait des dégats au presbytère, la commune répare.

Vente du presbytère par la commune dans les années 1970.




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