Des sous, de la monnaie

La monnaie
Louis, écus, sols, liards, deniers, voici une partie de la monnaie en cours sous l’Ancien Régime. Il nous semble utile de faire le point pour estimer ces valeurs au cours de nos pages. Le régime monétaire de l’Ancien Régime était basé sur le système des douzaines de deniers, la livre et le sol étaient des multiples de 12 deniers, le denier étant l’unité de compte de base. La livre valait 240 deniers, ou 20 sols (sous). Définie en 781 en référence à la livre de poids de marc (489,5 gr.), elle évolue en livre parisis (atelier monétaire de Paris) et livre tournois (atelier monétaire de l’abbaye Saint-Martin à Tours). La livre tournois valait les 4/5e de la livre parisis. La livre tournois fait office de monnaie nationale à partir du XVIe siècle. Elle remplace la livre parisis. La livre tournois contient 18 grammes, vers 1500, pour n’en contenir plus que 4,5 dans les années 1730, quand elle se stabilise grâce à la reprise en main suivie de la banqueroute de Law (1671-1729).
12 deniers valent 4 liards soit un sou ; 20 sous c’est 1 franc qui vaut une livre ; un écu vaut 3 francs donc 3 livres. L’écu blanc est une pièce d'argent de 3 francs.
« L'avantage des nouvelles monnaies sur les anciennes est facile à saisir1. Nous avions des monnaies de compte, ou idéales, différentes des monnaies effectives ; nous comptions par francs, nous n'avions pas de monnaie d'un franc. Cent francs, mille francs étaient des sommes rondes, dont le paiement ne pouvait se faire en argent monnayé, sans un appoint. Le nom de livre, employé concurremment avec celui de franc, offrait l'idée de deux quantités différentes : ce nom se confondait d'ailleurs avec celui des livres de poids, des livres ou registres, etc., enfin la livre se divisait en 20 sous, et aucune mesure ne se divisait de même en 20 parties : le sou lui-même avait une autre division en 12 deniers, et le denier était une simple monnaie de compte ou idéale. »
Les paysans pratiquent surtout le troc qui permet souvent de régler ses dettes, sinon le paiement se fait en nature. Nos ruraux n’utilisent les pièces de monnaie que pour régler les impôts qu’ils doivent au roi. Nous pouvons imaginer les difficultés de nos ancêtres à convertir ces monnaies. Mais plus encore avec la Révolution quand ils durent se résoudre aux francs et centimes.
Cherchons l’origine du mot « franc » dans le latin avec « francorum rex » qui signifie « Roi de France » ou « Roi des Francs », inscription portée comme il se doit sur les monnaies royales. Le 5 décembre 1360, pour payer à l’Angleterre la rançon du roi Jean II dit « Le Bon » furent frappées les premières pièces d’un franc. Des pièces frappées jusqu’en 1385.

Le franc moderne
Le franc était une unité monétaire correspondant à la livre, unité de compte. En 1795 naîtra le franc « moderne » par le décret de la Convention Nationale du 18 Germinal l’An III (7 avril 1795) qui instaure le système monétaire décimal. Le 28 thermidor (15 août) précise que l’unité monétaire sera le franc, composé de 100 centièmes. La répartition est celle-ci : 1, 2, 5 et 10 centimes ; 1, 2 et 5 décimes ; et 1/4, 1/2, 1, 2 et 5 francs. Les dernières monnaies de 50 centimes, 1 franc et 2 francs en argent seront frappées en 1920. Détail amusant : on entend encore parler de « louis d’or » pour désigner la pièce de 20 francs, d’un poids de 6,45 g d’or à 90 %, frappée de l’An XI (1802-1803) à 1914. Pièce désignée par le mot « Napoléon », donc en aucun cas un « Louis », dénomination réservée aux monnaies frappées avant 1794.

Et la pistole ?
D'après « le Larousse », c’est une ancienne monnaie de compte française valant 10 livres. Elle valait 10 francs avant la dernière guerre quand elle était utilisée sur les champs de foire pour payer les bestiaux.


1 Manuel pratique et élémentaire des poids et mesures.

L'assignat
La genèse de l'assignat débute au mois de décembre 1789 lorsque fut créée la Caisse de l'extraordinaire. Pour palier au manque de liquidité. Celle-ci devait recevoir le produit de la vente des biens confisqués au clergé. Les assignats n'étaient que de simples avances sur la vente des biens nationaux. Ces assignats portaient intérêt. Toutefois les choses évolueront rapidement. En septembre 1790, les assignats cessent de porter intérêt et sont reçus «comme espèces sonnantes dans toutes les caisses publiques et particulières». Le montant des émissions s'élève dans un mouvement qui s'accélère jusqu'en 1796. Face à cette prolifération de papier-monnaie, le gage des domaines nationaux auquel on continue à faire référence devient illusoire et la valeur des assignats s'effondre.
Le Directoire décide d'arrêter le 19 février 1796 les émissions et de détruire solennellement la planche à billets, place Vendôme. L'assignat sera remplacé par un nouveau papier-monnaie, le mandat territorial. La dépréciation de cette nouvelle monnaie est si rapide qu'une seule coupure est imprimée et le 17 mai, on revient à la monnaie métallique.
Dès 1792, un observateur de l'époque, Boislandry, déclarera : « Ce qui a le plus contribué à discréditer les assignats, c'est qu'il en a été mis successivement en émission pour des sommes trop considérables ». De fait, le montant des assignats en circulation passa de 560 millions de livres en janvier 1791 à 34 500 millions en février 1796 ; dans le même temps, la valeur de 100 livres assignats chutait de 96,74 à 0,50.
 







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