Fours à chaux

La pierre à chaux
A La Loge de La Place, dans un bois, l'oeil exercé remarque une ancienne carrière de pierres de calcaire tendre, idéal pour fabriquer de la chaux. En approfondissant la visite, il peut discerner les vestiges d'anciens fours à chaux.


Trace de cette carrière qui était assez importante en surface.
 
"A la sortie du village se trouvent la Loge et les fours à chaux, vestiges encore visible. Tout cela (SIC) servait pour la fabrication des tuiles à Courtane." a écrit Fernand Morin.

Autrefois, lorsque le sol le permettait, on produisait la chaux naturelle sur place. Cette chaux était destinée quelquefois à blanchir les façades des maisons, mais le plus souvent, elle était mélangée à du sulfate de cuivre afin de devenir bouillie bordelaise. La peinture a remplacé la chaux sur nos façades. La bouillie bordelaise, dont l’emploi se raréfie de même que disparaissent les vignes, a été remplacée par divers produits de synthèse.

Amendement : la chaux vive est utilisée pour rectifier l'acidité des terres rouges "à châtaigner". "J'ai vu mon grand père (mais c'était plutôt vers Lorigné) répartir des petits tas de chaux vive dans les champs; il fallait ensuite attendre que la pluie transforme cette chaux en chaux éteinte avant de l'épandre sur le sol" se souvient Serge Rivault qui a eu la gentillesse de nous faire ce communiqué. Il ajoute : "Mortier de terre rouge et de chaux éteinte pour monter les murs des bâtiments."


Vestige de la voûte de l'un de ces fours à chaux.

La fabrication de cette chaux se faisait donc localement. On l’obtenait par calcination des pierres de calcaire à forte teneur en chaux. Ces pierres se reconnaissent facilement à leur blancheur et leur tendreté. Le sous-sol de Pioussay en est souvent constitué, malgré la diversité des matériaux qui le composent (argile, silex…).


 
Le four était garni en partie inférieure de fagots d’épine, et en partie supérieure, recouvert de pierres à chaux, empilées les unes sur les autres, étayées mutuellement dans le même sens, et superposées de manière à éviter leur effondrement pendant la cuisson. Un tumulus de terre calfeutrait le tout, sauf en partie haute.
La cuisson durait 36 heures, nécessitant 20 fagots à l’heure. Deux « chauniers » se relayaient pendant cette journée et demie, afin d’entretenir la vigueur du feu. Il faut imaginer la chaleur environnante et la difficulté à exercer un tel métier. Les fagots étaient enfournés à l’aide d’un fourche à deux doigts, pourvue d’un long manche. La flamme du brasier s’engouffrait entre chaque pierre, profitant du moindre interstice.
Lorsque la cuisson était terminée, il fallait encore attendre plusieurs jours avant d’atteindre le refroidissement complet. Le défournement pouvait commencer ; les clients venaient alors avec leurs charrettes faire provision de chaux…

Rôle de ces tuiles : peut-être constituer le canal d'entrée du foyer...




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