1703, Jouhé change de main

Jean de Londeix
Le 6 août 1685, la terre de Jouhé (Pioussay) a été achetée, pour 20.000 livres, par Jean de Londeix, écuyer, seigneur de Brie, baron de Veyrac, seigneur de Puyferrier, le Chatenet, qui avait épousé en 1661 Marie Turpin, dame de Puyferrier.
Cette terre était cédée par son beau-frère, Jacques Turpin, ecuyer, seigneur d'Ardilleux, dont il reçut quittance de ces 20.000 livres payées le 19 juin 1685 à Charlotte de Laubespine, duchesse de Saint-Simon, pour les droits de vente à elle dus au sujet de la seigneurie de Jouhé. (Cette information mérite d'être éclaircie, nous le tenterons).

La terre de Jouhé ayant été saisie (?), cette saisie a été levée par Jean de Londeix, qui a versé 10.000 livres plus 14.350 livres à cet effet à la marquise de Ruffec. Somme qui n'a jamais été remboursée par Jacques Turpin, chevalier, seigneur d'Ardilleux et dame Marianne Boiceau. Conséquence : Jean de Londeix devient propriétaire de la seigneurie de Jouhé le 13 novembre 1703.

Jacques de Londeix (son fils)
Chevalier, baron de Veyrac, seigneur de Puyferrier et Jouhé, épouse Marie de Bellivier qui, veuve en 1747, donna Jouhé à ferme à Guillaume Bonnet, seigneur de Belair.

Louise Marie de Londeix (leur fille)
Epouse de Paul Nollet, elle vendit Jouhé en 1754 à François Chabot, écuyer, seigneur de Peuchebrun (Longré) et Marsillé (Brettes).


L'acte important :
Inventaire des pièces que mettent et produisent par-devant [....] Saintonge en monsieur D'Ostie président lieutenant général de la sénéchaussée et siège royal de la ville de Saint-Jean-d'Angély.

Les parties […..] Jean de (Londeix) […...] chevalier seigneur de Veyrac (1), Puyferrier et autres places, et Dame Marie Turpin, son épouse de lui dûment autorisée pour l'effet des présentes seulement, demeurant ordinairement en leur château de Veyrac en Limousin, paroisse du lieu demandeur. Suivant l'exploit […...] huissier du treizième novembre mil sept cent trois (1703) au bureau de cette ville.
Le même jour, d'une part contre messieurs François Turpin, chevalier seigneur de Jouhé, La Vergne et autres places, et Dame Jeanne Turpin, son épouse sous autorité, justice au refus du dit seigneur son mari demeurant en leur château noble de la Vergne (2) paroisse du dit lieu, représentants messire Jacques Turpin, chevalier, seigneur d'Ardilleux et dame Marianne Boiceau défendants d'autre part, afin que par les pièces ci-après produites et raisonnées, déduites et alléguées, les dits seigneurs et dame de Jouhé soient condamnés conjointement et solidairement au paiement de la somme de dix mil livres (10.000 L) d'une part et de quatorze mil trois cent cinquante livres (14.350 L) d'autre part, au dit seigneur et dame de Veyrac, de rente dans la terre et seigneurie de Jouhé, faute pour eux d'avoir exécuté, vu la dite qualité de représentant des dits seigneurs et dame d'Ardilleux, la police passé entre les dits seigneurs et dame de Veyrac et le dit seigneur d'Ardilleux. Ce faisant d'avoir payé les dix mil livres d'une part et les quatorze mil trois cent cinquante livres d'autre part, prix de la vente et décret faite en laditte Veyrac auxdits seigneurs et dame de Veyrac, ce que dit le compromis. Leurs frais loyaux... compter et coter et vente, et qu'il demeureront propriétaires incommutables de la dite seigneurie de Jouhé ; circonstances et dépendances avec dépense contre le dit seigneur et dame défendeur pour avoir acquis et y parvenir, disent et produisent ce qui suit, conséquence de l'appointement par vous rendus entre les parties le vingt deuxième d'août dernier, portant que les pièces seront mises devant vous pour leur être fait droit.
Premièrement, pour l'intelligence du fait, il vous plaira d'observer mon dit sieur que la terre et seigneurie de Jouhé ayant été saisie réellement sur la tète du dit feu seigneur d'Ardilleux à la requête de maître Pierre Gilbert, avocat en la cour du parlement de Paris, après diverses contestations décret avait été rendu par lequel la dite terre de Jouhé aurait été vendue et adjugée au dit seigneur de Veyrac pour la somme de vingt quatre mil trois cent cinquante livres (24.350 L) et comme les dits seigneur et dame demandeurs voulaient favoriser le dit feu seigneur d'Ardilleux et la feu dame son épouse afin de leur approprier la dite terre de Jouhé où la dame défenderesse leur aurait passé un acte avec eux, par lequel il aurait été stipulé pour entrer en jouissance de la dite terre, il paierait la somme de dix mil livres (10.000 L) au dit seigneur et dame de Veyrac et à l'égard des quatorze mil trois cent cinquante (14.350 L), les dits seigneurs et dame d'Ardilleux à savoir obligation leur payer pendant le cours de sept années à compter de la date du dit acte qui est du six janvier mil six cent quatre vingt huit (1688) passé devant Cuisinier et Noyer, notaires à Poitiers, dans cette année dont le moindre paiement serait de dix mil livres (10.000 L) et comme le dit seigneur et dame d'Ardilleux n'ont tenu compte d'exécuter pendant leurs vivants, la dite police se faisant de payer les dites sommes de dix mil livres (10.000 L) d'une part et celle de quatorze mil trois cent cinquante livres (14.350 L) d'autre part, suivant les clauses inscrites dans la dite police, les dits seigneurs et dame demandeurs auraient fait convenir devant vous les dits seigneurs et dame défendeurs pour avoir dit et ordonnés qu'ils demeureront propriétaires incommutables de la dite terre de Jouhé, faute les dits seigneurs et dame Jouhé d'avoir satisfait à la grâce à eux accordée pour l'acte dont ci-dessus est fait état ainsi qu'il apparaît au procès verbal, l'assignation donnée aux dits seigneurs et dame de Jouhé comme représentants des dits feux seigneur et dame d'Ardilleux, daté le treize novembre mil sept cent trois (13 nov. 1703) signé Bardy, contrôlé au bureau de cette ville le même jour par Brion que le dit seigneur et dame demandeurs produisent et sera coté par moi.
Produisent aussi copie de l'acte entre eux passé et les dits feu seigneur et dame d'Ardilleux se seraient obligés de payer aux dits seigneurs et dame de Veyrac la somme de dix mil livres (10.000 L) pour entrer en jouissance de la seigneurie de Jouhé qui devait être en l'année mil six cent quatre vingt huit (1688) et quatorze mil trois cent cinquante livres (14.350 L) faisant le prix entier de la vente et décret de la dite seigneurie de Jouhé dans cette année à compter du premier janvier mil six cent quatre vingt neuf (1 janv. 1689) pour finir au dernier décembre mil six cent quatre vingt quinze (31 déc. 1695), dans le moindre paiement ne pourrait être au-dessous de deux mil livres faute de quoi qui serait déchu de rente en possession de la dite seigneurie de Jouhé ainsi qu'il apparaît plus amplement de la lecture du dit acte daté du six janvier mil six quatre vingt huit (6 janv.1688), signé [...] Veyrac, Marie Turpin, Jacques Turpin, Marianne Boiceau, Marie Turpin, le notaire, qui sera coté par [….]
L'assignation donnée au dit seigneur et dame de Jouhé à la requête des seigneurs et dame demandeur, maître Michel L'Hospital, procureur, se serait présenté au greffe des présentations du présent siège conformément aux désirs de sa majesté comme apparaît de la date du vingt quatre novembre mil sept cent trois (24 nov.1703), signé Benallois greffier que les dits seigneur et dame demandeurs produisent et sera coté par les dits seigneur et dame défenseurs n'ayant tenu compte de ce présent de leur part ; les dits seigneur et dame demandeurs en auraient pris au greffier au dit mil sept cent trois comme il le justifie dit celui.
Signé Levallois greffier et vérifié le premier août suivant par monsieur Pépin qui la produit et sera coté par [….]
Ensuite de quoi s'étant les dits seigneurs et dame défendeurs présentés par maître Jacques Jouquesseau leur procureur, maître Michel L'Hospital procureur des seigneurs et dame demandeurs d'avoir sommé de fournir de défense dans trois jours comme il apparait de la sommation.
Signé: L'Hospital.
Le rapport de la signification... (dernière page illisible car trop endommagée)
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(1) Le greffier écrit Veyract au lieu de Veyrac.
(1) La Vergne (près de Saint-Jean-d'Angély). Jacques de Turpin, marquis de Jouhé, seigneur d’Ardilleux, avait épousé en 1668 Marie-Anne Boisseau, dame de Lavergne, fille de Jean, seigneur des Moulines et de Lavergne, et de Marie Mesnard. « Cit. 1685, Jacques Turpin, seigneur d’Ardilleux, en est seigneur. 117 feux. La terre consiste moytié en grains et moytié en vin. Il y a quelques pascages à cause de la rivière de Boutonne et foin
 




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